Le roman de Paul Follot (Suite 43)

Chapitre 43

Comme un air d’avant-guerre…

 Salon Pleyel 30  Au printemps de 1937, l’Exposition Internationale des Arts et des Techniques s’apprête à ouvrir ses portes, sur fond de revendication sociales et de crises politiques. Pour commencer par ces dernières : pour des esprits clairvoyants, la Guerre Civile qui déchire la jeune République espagnole (elle expose, dans son pavillon, Guernica, commandée à Pablo Picasso) est une répétition générale de celle qui va se jouer en Europe, trois ans plus tard. L’Allemagne s’arme à tour de bras et construit des autoroutes assez puissantes pour supporter le transport de matériel lourd. Sur fond de violences et de pogroms Outre-Rhin, une série de mesures racistes vient d’écarter les juifs de toutes les fonctions publiques. En France, la victoire de la gauche, en mai 36, a ouvert une période de troubles : partout, les employés des usines se sont mis en grève en réclamant plus de justice dans le partage des bénéfices du travail. Afin d’apaiser les esprits, le gouvernement de Front Populaire a promulgué une série de lois sociales, qui ont eu pour conséquences immédiates une hausse générale des prix. Dans le cas de Follot, cela signifie que les salaires d’un staffeur, un marbrier, un ébéniste ou un vernisseur, etc. vont augmenter de 50% et plus… (PF à R&D – 3 juin 1937). Des ateliers du Faubourg, comme Rambaudi, Dantoine, Pigé & Paigné, Ragot ou autres, hésitent à se lancer dans des projets trop coûteux… Sans parler du sabotage, que la CGT recommande en douce à ses ouvriers pour faire entendre leurs revendications. « Jamais vu cela ! » a griffonné Paul, au dos d’un devis des établissements Ragot (54, rue Saint-Maur – Paris XIe) : « Même soigneusement emballés, les meubles de luxe nous arrivent volontairement détériorés (…) et les assurances ne manquent pas de clients qui souscrivent « tous risques », y compris la casse des marbres et glaces, explosions, grèves et émeutes »
Nürnberg 1935Ailleurs, il constate « On travaille 40 heures par semaine au lieu de 48 ! – Avec deux jours par semaine d’interruption totale de l’activité + les fêtes + les grèves + les occupations + lock out + les atteintes à la liberté du travail. – Ce qui donne un rendement théorique de 60% mais réel de 40% ! – Donc, il faudra désormais un an pour fabriquer quelque chose, là où il fallait jusqu’à présent 6 mois ! » Conclusion : « l’activité du pays est paralysée et les énergies de ses créateurs impuissantes face à la mauvaise volonté ambiante… » (Ateliers R&D à PF – 27 juillet 1937)

    Depuis le 1er juillet, le chantier de l’Exposition est arrêté et le bâtiment de l’UCAF gardé jour et nuit par quatre vigiles. Certain exposants ont même reçu des menaces écrites. Le décorateur Maurice Pré va en a faire la fâcheuse expérience : Pour rattraper le temps perdu à cause de toutes ces interruptions du chantier, il a cru devoir demander à son père et à deux collaborateurs de lui donner un coup de main pour installer son stand. Ils sont très vite interrompus par un groupe de gros bras commandés par un délégué syndical : bousculades, insultes, volées de coups… Le décorateur est obligé de recharger ses meubles et de partir sous les projectiles (AP à PF – 111937-train-electrique-trocadero juin 1937). L’affaire n’en est pas pour autant terminée. Comme la CGT a le contrôle de l’embauche sur le chantier de l’Exposition, l’incident avec Maurice Pré est considéré comme une infraction grave au règlement interne, « en laissant entendre que les exposants seraient libres de faire ce qu’ils veulent sur leur stand. » Pour protester, les ouvriers des chantiers se mettent en grève le lendemain.

     Peu importe ! La France va finalement l’inaugurer sa grande Exposition Internationale des Arts et des Techniques dans la Vie Moderne. Placée sous le signe de la lumière, elle a été conçue comme une sorte de vaste panorama des applications de cette dernière, sur 152px-Paris-expo-1937-pavillon_de_l'Allemagne-02la vie quotidienne, la santé, l’hygiène… et bien sûr, les arts décoratifs ! Dans les villes comme à la campagne, à l’usine ou dans le bureau. Comme le précise l’architecte Michel Roux-Spitz : « Cette exposition doit porter un vrai programme novateur », contrairement à celle de 1925 qui ne fut, qu’un essai cantonné aux arts appliqués et ne proposait aucun Pavillon de la peinture ou la sculpture modernes, aucune section pour la littérature, la musique contemporaine ou la danse…« Le 20e siècle défend l’égalité de tous les arts et leur union pour l’élévation des peuples ! » De là, à lui donner sa vraie place dans le logis moderne

    Paul Follot a été nommé président de la Section du mobilier (la Classe 38), avec un soutien conséquent de l’Etat qui a accordé à cette section un crédit d’un million de francs. Comme toujours, il n’est pas pleinement satisfait par le résultat (en particulier, le sol en mosaïque de marbres et d’or du Pavillon, qu’il trouve trop « jaune ») et il réclame une rallonge de 81.620 frs. pour achever son ouvrage. Il précise bien qu’il « ne prend aucun honoraire sur cette somme, mais qu’elle rembourse uniquement ses frais ! » (PF à RL – 18 avril 1937) Les travaux de construction du Pavillon de la Classe 38 étant terminés, on peut commencer son aménagement intérieur, s’il n’était interrompu toutes les semaines par des incidents sociaux… A tel point que les exposants ne pourront aménager leurs stands qu’à partir du 20 juillet, à deux semaines de l’événement. Quant à l’installation des moquettes, tapis d’escaliers, sanitaires et ascenseurs, etc. elle n’aura été réalisée que la veille de l’ouverture au public…

 Expo 37 Follot-Vuillard Le 13 août 1937. Inauguration officielle, en présence de M. Léo Lagrange, (le Ministre des Loisirs et des Sports, qui a remplacé au pied levé son collègue du Commerce et de l’Industrie, absent), et des membres éminents du gouvernement. Dans les deux pavillons, dont il a conçu l’aménagement intérieur (de l’Architecture Privée et du Mobilier), il a multiplié les solutions esthétiques proposées par les techniques nouvelles, surtout en fonction d’éclairage. On y présente ainsi quelques inventions récentes, comme la Lampe H.P. 300 à vapeur de mercure en surpression, particulièrement adaptée à l’éclairage extérieur urbain, ou les premières lampes au gaz de néon, qui viennent révolutionner l’éclairage des grands volumes intérieurs : usines, salles de fêtes, salles de cinéma, hall de congrès… Avec des solutions plastiques, où la lumière électrique joue avec les surfaces des murs et des plafonds… Ce qui répond bien au style néo-classique, très dictatorial, qui triomphe dans tous les bâtiments, avec leurs moulures, gorges, corniches éclairantes, coupoles, etc. Il faut souligner, que c’est là le goût de l’époque et qu’à Berlin, un décor (sinon similaire, du moins proche de ce style) se construit sous les lambris de la Nouvelle Chancellerie du Reich.

Intérieur de la Chancellerie du Reich

Intérieur de la Chancellerie du Reich

  Entre deux coupes de champagne, Follot a prononcé un discours, au nom des ébénistes et ensembliers français qu’il représente officiellement, à l’occasion de cet événement. Il a déclaré, entre autre, qu’il se défend de prendre position dans le débat opposant aujourd’hui Modernes et Classiques ; débat stérile (dit-il) auquel il dit préférer une approche pédagogique de son métier. Est-ce pour cette raison, qu’il a vu grandiose et impressionnant, dans le décor du Pavillon du Mobilier ? Dans la droite ligne de ce qu’il fait depuis son expérience du Siam : sols recouverts de marbres blancs en dallage alterné avec des bandes de mosaïque d’or (par Laboureau) ; allées majestueuses, dans lesquelles le public « ne peut marcher humblement » ; plafond de couleur ivoire, bordé d’une large moulure en staff qui se répète sur les murs, laqués rouge antique et dorés à la feuille, pour encadrer deux grandes toiles de Vuillard, un prêt du prince Antoine Bibesco.

Guernica de Picasso

Guernica de Picasso

Follot expose, en compagnie de Dufrène, Fréchet, Gabriel, Domin, Sognot, Prou, Jallot et Bureau (tous membres de l’UCAF – Classe 38) : un grand meuble d’appui (en ébène de macassar et sycomore blanc verni) avec deux guéridons assortis ; un lampadaire en métal laqué brun écaille et doré ; divers sièges laqués et dorés à la feuille arrachée ; deux canapés ; deux petits fauteuils en tapisserie ; deux gros clubs confortables ; un piano Pleyel, placé dans une alcôve arrondie, sous l’un des panneaux de Vuillard… L’ensemble (plus du quart de ce qui a été attribué aux treize autres décorateurs présents dans ce pavillon) présenté sur une moquette vert foncé, au milieu de laquelle s’étend son tapis rond aux planètes, en points noués, de Pinton Frères. Sur les meubles d’appui, des plateaux en galuchat et en laque, de l’argenterie prêtée par la boutique de Géo Rouard, deux vases de Jean Luce en verre gravé et un grand nombre de grès…

 Le lendemain de l’ouverture officielle du Pavillon de l’Architecture Privée, Paul a trouvé dans le Garage Roger Teillac (67, Avenue Malakoff – Paris XVIe), l’occasion automobile dont il rêvait depuis longtemps : une superbe Bugatti Type 46 (31 CV-5 litres), qu’il a fait immatriculer 1907 YB 6 (1907, l’année où il a rencontré son épouse dans le Jardin du Luxembourg). Les établissements Teillac lui ont153px-Paris-expo-1937-pavillon_de_l'URSS-13_(colorized) repris sa vieille Delage pour 3.000 Frs., mais c’est tout de même une folie. Deux ans plus tard, il doit encore une grande partie de cet achat à son garagiste !

 Sa vie privée – puisqu’elle fait partie des choses que nous avons choisi de révéler dans ce texte – est toujours aussi mouvementée. Sa position d’architecte-décorateur indépendant est de plus en plus difficile à tenir financièrement, dans ces temps de grands trusts et d’entreprises internationales. Sont-ce les difficultés d’argent qui expliquent que le couple Follot traverse de nouveau une période difficile ? Une semaine après l’arrivée de la Bugatti dans son garage, il a fait une scène violente à son épouse : l’accablant d’injures, l’appelant : « tête de brute, triple brute !! »… Ce qui prouve, comme elle le lui a écrit, le soir même : « qu’il n’y a rien à faire ! Qu’à chaque instant et pour n’importe quelle raison (elle) est à la merci de ses colères horribles » (IF à PF – 23 août 1937). Une fois encore, elle parle de le quitter… « Car, je me rends bien compte qu’au fond de toutes ces colères, il y a une raison profonde : « ta haine contre moi » ! Et ton manque d’égard ne vient que de cela ! » (idem). Ida ne se trompe pas complètement :
Foto Ida 1930Ils sont tous les deux des créateurs…avec cette seule différence, qu’elle a sacrifié ses ambitions artistiques pour permettre à son époux de développer les siennes. Sous les apparences paisibles d’un couple, il y a entre eux un tragique malentendu. Artiste ? Ida l’était au départ de façon plus spontanée que Paul, certainement moins affairiste. Elle écrivait des choses charmantes, composait des poèmes, jetait sur ses carnets des pensées délicates, entre des esquisses et des scènes intimistes pleines de tendresse… Cela suffisait-il pour en faire une profession ? Paul avait un plan de vie, bien arrêté… Elle y est entrée, pour jouer le rôle d’une épouse et d’une mère. Destin féminin tout à fait banal, à l’époque ! A cela vient s’ajouter un problème culturel : elle est Allemande ; lui, un Français ! Les formes, ce n’est pas trop l’affaire d’une femme allemande ! Elle dit, souvent avec brutalité, ce qu’elle pense, au risque de vexer ou de passer pour méchante… Lui, travaille dans le monde des formes, des nuances, du détail, de la sensibilité. Il ne supporte pas qu’elle s’immisce dans le domaine du goût, des idées, de l’intelligence ou de la création artistiques ; C’est là sa chasse gardée ! Peut-être a-t-elle raison de son côté, lorsqu’elle lui écrit : « Il te faut des esclaves, à qui tu commandes et qui t’obéissent (…) Il n’y a que toi qui compte, tes désirs, tes volontés, et tu es sans pitié et sans égards pour les autres. »

Fresque de Raoul Dufy dans le Pavillon de l'Electricité

Fresque de Raoul Dufy dans le Pavillon de l’Electricité

Ils se sont disputés, la dernière fois, il y a quinze jours… à cause de l’automobile ; et puis, « ce matin encore, lorsque tu m’as répété à nouveau, combien tu me détestes ! Que tu ne peux plus me supporter – mon manque de cœur, de sensibilité !! » Paul est une nature trop exigeante, trop inquiète… comme son père, comme Marthe, sa sœur, qui n’a jamais pu accepter son mariage avec une étrangère. Allemande de surcroît ! L’ennemie héréditaire. A un moment difficile, où il se bat pour survivre, la moindre chose le met en fureur, le moindre faux-pas : « Tu dis et tu répètes si souvent que tu me détestes et méprises, et que tu veux vivre seul – alors, fais-le une bonne fois ! »… Et puis, elle en revient toujours aux mêmes choses : à sa dépendance financière, à leurs enfants, à « cette vieille histoire qui aurait dû lui montrer, il y a vingt ans, quelle vie de chagrins et d’humiliations, et de détresse sentimentale » elle aurait pu s’éviter, en prenant alors la décision qui s’imposait : « J’aurais dû te quitter le jour de la naissance de Sylvie, quand j’ai vu partir mon mari avec une autre femme. C’est ce jour-là, Paul, que tu m’as perdue ! » Aujourd’hui c’est trop tard, elle dépend matériellement de lui.

 Statues Breker Mélancolie d’automne autour d’une exposition universelle. Il fait froid dans les jardins du Trocadéro et il faut beaucoup de verres de tokay, dans le Pavillon Hongrois, pour réchauffer les invités venus assister à la première d’un documentaire sur la Pusta. Les nouvelles puissances du monde ont été installées face à face : la Russie soviétique, du côté de l’aile de Passy, flanquée du groupe L’Ouvrier et la Kolkhozienne de la sculptrice Vera Moukhina ; l’Allemagne hitlérienne, du côté Pont de Iéna, avec son « aigle doré juché sur la croix gammée ». Entre les deux, dans la perspective de la Tour Eiffel, s’élève la Colonne de la Paix, réalisée par Albert Laprade… On veut encore y croire !
Sur la terrasse de l’imposant volume de pierre du Pavillon germanique, conçu par Albert Speer, des hommes en smoking dînent encore en compagnie de quelques jolies femmes élégantes. Par pur patriotisme, car les serveurs n’ont plus grand-chose à proposer, sinon un triste plat du jour. Le Grand Escalier du Trocadéro est désert et sombre. On ne prend même plus la peine d’illuminer. Au bout du trou noir qui conduit au Rocher Corse, la reconstitution de l’Ile de Beauté a l’air d’un tas de guano qui pourrit sous la pluie. Seules les Jeux des fontaines lumineuses fonctionnent encore… Vendredi, la reine Jeanne de Bulgarie s’est amusée à composer au clavier des harmonies de couleurs, sur l’air du Roi Georges… C’est ainsi qu’on a baptisé l’orgue hydraulique ! (car ce monarque arrosait ses interlocuteurs, à force de postillons). Les premières gelées vont arrêter le débit dans les tuyaux.
Sur l’Ile des Cygnes et dans l’enclos du Parc des Invalides, les visions coloniales se sont mises au diapason de l’automne. Dans la pénombre du préau entourant leur pavillon, les Côtes d’Ivoiriens claquent des dents sous des pardessus à 49,40 Frs., qu’on a dû acheter d’urgence pour leur tenir chaud. Les Ouled-Naïls ont troqué leurs voiles contre des cache-nez, et couvert leurs pieds safranés dans des chaussons Rasurel. Retardée en mai, alors que tout le monde attendait son ouverture avec les beaux jours, l’Exposition demeure ouverte en novembre, sous la bruine et le froid. A qui la faute ? Aux conflits sociaux, crient certains. A l’État, qui a débloqué trop tard les crédits. Au désordre général qui règne alors sur la France…Follot Stand 1937 - 2

    Paul n’a pourtant pas de raison d’être déçu. Le Pavillon de la Classe 38 est le dernier qui soit resté ouvert : le 11 novembre, à la veille de la clôture, 500 visiteurs erraient encore dans ses allées. Sa salle à manger en érable et ébène a obtenu le Grand Prix du mobilier. Une aubaine pour son fabricant, l’ébéniste d’art Rambaudi & Dantoine, qui n’a pas été payé pour son travail, car elle lui a permis de trouver in extremis une cliente, Mrs. Petersen, à condition, qu’il remplace la panetière (qu’elle n’aime pas) par une console… Un acheteur officiel s’est présenté pour le modèle exposé : en l’occurrence l’État français qui s’en porte acquéreur pour l’une de ses ambassades. (PF à RD – 6 octobre 1937) Le décorateur a également vendu le mobilier de son Salon d’une Musicienne : une dizaine de pièces, pour lesquelles il fait un bénéfice de 15.000 Frs, auxquels viennent s’ajouter ses honoraires de consultant pour l’Exposition 37, soit 10% sur un chiffre d’affaires de 180.000 Frs… 33.000 Frs ! Il s’en sort fort honorablement, dans une époque difficile.

La suite, le 9 juillet, avec : Les hommes de 14…


Fiche technique :

Expositions et œuvres de l’année

Les expositions de l’année 1937

OK . Peint dame et parc.1

* Exposition Le décor de la vie 1900-1925 (Mai à Juillet 1937, au Musée des Arts Décoratifs).

La Vie Moderne se conjugue désormais avec des crises de nostalgie… C’est l’exotisme contemporain. Le Musée des Arts Décoratifs organise de mai à juillet 1937 une grandeExpo 1900 - 1 exposition rétrospective des ensembles achetés par l’État lors des Salons annuels du Pavillon de Marsan, au début du siècle: Le décor de la vie, de 1900 à 1925. Paul Follot y occupe, bien entendu, une place de choix, avec :

1°) Un salon représentatif du mouvement artistique en 1910…
*1 chaise-longue aux roses en bois sculpté et doré… 5.500 Frs. (assurance).
*1 lampadaire du même modèle….. 1.600 Frs (assurance).
*1 table en érable moucheté, sculpté et marqueté….. 8.000 Frs (ass.).
*1 chaise en érable moucheté, sculpté et marqueté…. 3.500 Frs (ass.).
*1 tapis au point noué « Bordeaux » – Fond bleu pâle avec des guirlandes, treillages, etc. (333 x 210)….. 8.500 Frs. (assurance).

Expo1900 - 32°) Un boudoir meublé avec des ensembles de 1913…
*1 chiffonnier en palissandre sculpté, amboine et marqueterie….. 20.000 Frs. (assurance)
*1 miroir assorti au même modèle….. 2.500 Frs (assurance).
*1 fauteuil assorti au même modèle….. 3.800 Frs (assurance).
*1 chaise assortie au même modèle….. 2.500 Frs (assurance).
*1 table vide-poches assortie au modèle….. 6.000 Frs. (assurance).
*1 petite lampe électrique en bronze argenté… 1.600 Frs. (assur.)

 

* 27e Salon des Artistes Décorateurs (30 juin au 3 août, au Grand Palais, avenue des Champs-Élysées).

Initialement prévue le 24 avril, l’ouverture du 27e Salon a pris du retard, du fait que toutes les entreprises sont occupées par l’Exposition internationale qui commence juste après. L’inauguration de cette manifestation annuelle a donc été repoussée au 30 juin et doit s’achever au commencement d’août 1937.

4 bis.Tapis Zodiaque*1 tapis Les Signes du Zodiaque… sur un carton de Germaine Labaye (41, Rue du Cherche-Midi – Paris VIe) qui a demandé 107 heures de travail de dessin à sa créatrice… Il fera également partie des ensembles montrés à l’Exposition internationale.

*Exposition internationale des Arts et des Techniques dans la Vie Moderne, (du 14 août au 23 novembre 1937, sur l’Esplanade du Trocadéro).

Remarque : « L’Exposition est ouverte à toutes les créations présentant un caractère indiscutable d’art et de nouveauté ». (Règlt. Général de l’Expo). On n’a pas oublié comme en 1925, les préoccupations commerciales et 145 fabricants de meubles (petite et grande série) sont derrière les 180 ensembles de mobilier qui y sont présentés.

Ouverture au public, tous les jours, jusqu’à 19 h 30 et le mardi et vendredi jusqu’à 23 h.
Deux catalogues ont été édités.
1°/ Pour son usage, par la Classe 38. Prix : 2 frs.
2°/ Un catalogue de luxe de 128 pages avec 118 reproductions photographiques (éd. Le Décor d’Aujourd’hui). Prix : 10 frs. (Prix modeste, en raison de la souscription de 20.000 frs consentie par les exposants).

Le mobilier de Paul Follot  :

A/ Dans le Pavillon du Mobilier (l’UCAF) :

Commanditaire : l’UCAF (Classe 38)
Président général : Paul Follot
Architectes : Marcel Chappey (Prix de Rome) et Greber.
Menuiserie : Rambaudi & Dantoine*.

*Remarque : Rambaudi, Dantoine & Cie (éditrice de Follot dans les années 35-37) est une entreprise lyonnaise renommée, l’équivalent d’un Soubrier à Paris.

Décorateurs exposant avec Follot dans ce pavillon :

*Paul Follot – Hall de réception.
*Maurice Dufrène – dix meuble d’appui, 12 petits meubles de milieu, 12 sièges, 8 tapis, stèles et socles supportant des bustes, statuettes et sculptures diverses.
*André Fréchet – Technologie et Salon de repos.
*René Gabriel – Vestibule commun aux Classes 38 et 43.
*André Domin, Sognot, Prou, Maurice Jallot, Barret – les étages.
*Louis Bureau – entretien et délégué aux travaux.

Mobilier de Follot exposé dans ce Pavillon (Classe 38) :

1°/ Grande Hall de réception…
– Architecture intérieure (avec la collaboration de Montagnac).
– Six plafonniers et 6 appliques lumineuses.
– 2 grandes consoles en fer forgé, surmontées de glaces dans un encadrement métallique.
– 2 meubles d’appuiChaise ébène 37
– 18 fauteuils.
– Une grande table.
– 1 grand tapis, des peintures, sculptures, dessins, céramiques…
Remarque : Décorée avec les bannières corporatives des différents corps de métiers d’art (33 en tout, ce qui est bien dans le ton de l’époque comme la chambre des enfants (Classe 23) ambiance Travail-Famille-Patrie…

2°/ Grande salle à manger …
– Une Salle à manger en érable moucheté (ou sycomore) de France, marqueterie d’ébène verni au tampon et bronze doré (ébénisterie de Rambaudi & Dantoine) et qui obtient un Grand Prix de l’Exposition. A savoir :
– 1 buffet….. 25.000 Frs.
– 1 panetière….. 11.500 Frs.
– 1 table….. 12.500 Frs.
– 8 chaises garnies de maroquin….. 16.000 Frs.Fauteuil ébène 37
– 2 vitrines assorties….. 5.000 Frs.
– 1 miroir avec son cadre en métal doré….. 800 Frs.
– 1 porte à deux battants avec son cadre dormant et chambranle….. 2.500 Frs.
– 1 toile peinte de Léon Lang (104, Rue d’Assas – Paris Ve).

3°/ Le bureau du Président de l’U.C.A.F.

Architecte-décorateur : Paul Follot.

Remarque : Il a choisi pour ce bureau, un ensemble de boiseries laquées vert clair à la cire. Plafond jusqu’à l’astragale est en staff peint. Moquette unie, vert foncé (Manufacture française des Tapis). Les murs sont recouverts de panneaux cintrés avec des retours des baies de portes et de bibliothèques, des niches pour accueillir des banquettes, des pilastres surmontés de frises en staff… Avec ses grands rideaux drapés en tulle brodé d’un ton crème, c’est un décor très néo-classique. Au centre du bureau, un grand tapis rond Firmament en laine ciselée de 360 de diamètre (Ateliers Zaret- 3bis Avenue Foch/ La Garenne-Colombes). Sous un monumental plafonnier en bronze ciselé et doré au mercure supportant une vasque en verre jaune et émail blanc (montage P. Fargette), 2 appliques en bronze ciselé et doré au mercure, avec coupelle en albâtre blanc orientable (horizontal /vertical) et lampe de bureau en bronze ciselé et doré au mercure avec abat-jour en albâtre blanc.

* Les meubles exposés dans ce bureau :

– 1 bureau en acajou de Cuba verni de 230 x 80 avec le dessus gainé d’un maroquin (peau de Karoug) avec 1 tiroir central et 4 tiroirs latéraux pivotant vers l’extérieur pour en faciliter l’utilisation. La ceinture avec 4 pieds tournés et galbés à cannelures, appliqués en doucine. L’intérieur des tiroirs en sycomore blanc verni. Sabots, poignées, charnières, moulures, astragale sur les 2 corps, en bronze doré. Le dessus gainé d’un maroquin (peau de Karoug) portant un plateau laqué par SAIB. (Ce meuble est traité en ébénisterie suivant les règles de l’art : âme en peuplier, contreplacage en tulipier, placage en acajou).Follot seul - Salle manger blanche
– 1 fauteuil de bureau.
– 2 fauteuils confortables (les sièges sont recouverts de maroquin teinte naturelle, ocre-brun).
– 1 canapé à 2 places.
– 1 guéridon rond en acajou de Cuba verni sur socle à godrons et dalle supérieure en verre blanc à champ poli (disque de montage en cuivre chromé).
– 2 stèles en acajou de Cuba verni supportant des bustes… garniture de métal chromé demi mat.

*.Acquis par l’État français en 1938 (tapissier : Soutumier – ébéniste : Sénéchal).

B/Le Pavillon de l’Architecture Privée.

Commanditaire : Groupe Classe 23
Architectes : Raymond Lopez & Merlet.
Menuiserie : Chaboseau & Sénéchal.
Décorateur et exposant : Paul Follot et autres (voir liste ci-dessous).

Remarque : C’est un peu l’équivalent du Pavillon d’une Ambassade Française à l’Exposition de 1925, présentant un ensemble des tendances décoratives modernes.

Liste des décorateurs qui exposent avec Follot :
– Grand salon : Paul Follot…………………………………. 50.000 Frs.
– Bureau : Bouchet …………………………………………… 35.000 Frs.
– Fumoir : Jean Dunand…………………………………….. 25.000 Frs.
– Salle à manger : André Fréchet………………………………….
– Vestibule et Hall : Porteneuve (successeur de Ruhlmann) et Poillerat ……….. 25.000 Frs.
– Chambre de Monsieur : Montagnac et Segonzac………… 40.000 Frs.
– Galerie : Favier………………………………………………. 16.000 Frs.
– Chambre de Madame : André Arbus………………. 40.000 Frs.
– Boudoir : Suzanne Guiguichon et Mlle David………………… 30.000 Frs.
– Jardin d’hiver : René Prou …………………………….. 25.000 Frs.
– Salles de bains : Max Ingrand ……………………….. 15.000 Frs.
– Chambre des enfants : Mme Bauchet et Féron*. 20.000 Frs.
– Jardin et jeux : René Herbst …………………………. 28.000 Frs.
Total = 399.000 Frs.

Remarque : Follot a barré le nom de Groult pour la bibliothèque (voir la lettre où il est traité « d’entravé »).
* Maison Bauchet-Féron – 18 Rue de Naples – Bruxelles.F-Expo 37 Plan Salle à manger de luxe (détail gauche)

Mobilier de Follot exposé dans le Pavillon de l’Architecture Privée :

1°) Un Salon Privé :
* 2 canapés de 2m en bois laqué… 13.080 Frs.
* 1 fauteuil confortable idem… 3.675 Frs.
* 3 petits fauteuils en bois laqué (moulures aux pieds et aux accoudoirs), en satin boutonné… 8.010 Frs.
* Un guéridon rond en ébène de macassar verni au plateau supérieur orné d’une marqueterie en étoile sous glace (7.500 frs).
* Un meuble d’appui en ébène de macassar verni-ciré et intérieur en sycomore blanc et bronzes dorés mat (17.500 frs – ébén. Sénéchal).
* Le même modèle en palissandre de Rio verni-ciré et intérieur en sycomore avec bronzes dorés (15.500 Frs. – ébén. Sénéchal).
* Un petit guéridon en ébène de Macassar verni au plateau supérieur recouvert d’une dalle en verre blanc dépoli (5.100 frs).
* Une coiffeuse en glaces bleues et intérieur en sycomore verni avec son siège en palissandre… 4.600 Frs.
* 1 tapis (Pinton) au point noué de 20 m².
* 1 tenture murale de 44 mètres tissée par la Maison Maurice Cornille (45, Rue de Richelieu, Paris 1er) à partir du dessin original Agadir de Paul Follot d’un bleu assez foncé, point de toile sur fond de satin, jouant sur deux tons assez voisins – bleu violacé sur bleu de nuit – pour donner une impression de luxe et de mystère. (participation de 2.000 frs de Follot). (MC à PF – 9 juillet 1937).

Piano Pleyel 302°) Studio d’une Musicienne (En hommage à la pianiste, Mlle Yvonne Lefébure) :

Remarque : Ébénisterie par MM. Sénéchal & Chaboseau

*2 canapés de 2m. de bois peint clair avec moulures et garnitures boutonnées de satin vert sauterelle Atlas… 8.720 Frs (chacun)
*1 fauteuil confortable idem…2.450 Frs.
*1 piano (Monopode-orientable déposé) Pleyel… 65.000 Frs.
*1 chaise spéciale pour Piano Pleyel en palissandre de Rio verni avec application et baguettes de métal doré en ceinture et sur les pieds avant galbés (garnie d’un maroquin dont la couleur est à définir)… 3.200 Frs. – coût de fabrication : 2.150 Frs.
*1 petit Bureau en amboine et métal chromé… 8.500 Frs ;
*3 petits fauteuils en bois laqué clair avec moulures aux pieds et aux accoudoirs, tout garni de satin boutonné d’un ton ivoire (galon câblé)… 5.340 Frs.
*1 petit meuble-vitrine (ébénistes d’art Charles Legoff et Sénéchal) en ébène de macassar verni à 2 portes à décor de bronze doré mat (boutons, entrées de serrures) sur dessin de Follot….. 14.500 Frs.
*1 Table basse au dessus en glace aurée… 5.800 Frs.
*1 Store en voile brodé de Mme Chabert-Dupont… 1.200 Frs.
*6 portières en satin mat bleu pervenche double de satinette ivoire.
*1 Tapis d’Aubusson (Maison Tabard) Les Signes du Zodiaque… sur un carton de Germaine Labaye (41, Rue du Cherche-Midi – Paris VIe) qui a demandé 107 heures de travail de dessin à sa créatrice. Point noué main de 370 cm de diamètre… 16.000 frs.
*1 moquette grise de Lenoir & Talvard… 7.000 Frs.
*1 papier peint grainé de Charles Follot… 1.100 Frs (avec la pose).

*Architecture intérieure en bois et staff peints et décorés de filets d’or… 47.500 Frs. (l’ensemble de l’architecture avec les luminaires).

F-Expo 37 Plan Salle à manger de luxe (détail central)

C/ Pavillon du textile d’ameublement (Classe 41 et 42) :

* Aménagement intérieur : Paul Follot.
* Comité de présidence : Hélène Henry (Présidente) avec Raoul Dufy, René Prou et Paul Follot. (Ministère du commerce – 4 fév. 1937).

Remarque : Paul Follot a réalisé l’aménagement des stands du textile d’ameublement… mais aussi l’agencement général du pavillon: peintures, métal, électricité, tapis, tentures (PF à MPP – avril 1937).
*Peintures et miroiterie : Ets. Laboureau – 89, Rue Manin (Paris – XIXe)
*Installations électriques, lampes et appareils d’éclairage : Ent. Pradeau – 3 avenue d’Orléans (Paris – XIVe). Ou Ets. Chedanne – 104, avenue de Villiers (Paris – XVIIe).
*Décoration et ébénisterie : Sté. Michon, Pigé & Paigné – 23, Rue Ligner (Paris – XXe).
*Tapis : Sté Lorthiois-Leurent & Fils (Tourcoing).
*Vitrines et étalages : Ent. Ragot – 54, Rue Saint-Maur (Paris XIe).

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