Le roman de Paul Follot (Suite 40)

Chapitre 40

Des conséquences d’une crise.

 

 3.Boudoir W&G    Début janvier, Paul Follot a donné, rue Madame, une conférence sur Angkor et l’Architecture Khmer (direct. Des Beaux-Arts – 2 janvier 1933). Le public était composé pour l’essentiel des élèves de l’École des Arts Appliqués, des vieux amis de la SAD et des membres de l’École Française d’Extrême-Orient (EFAO), parmi lesquels quelques intimes : Francis Jourdain, Paul Chabas, Maurice Dufrène, Cappiello, les architectes Boileau et Pierre Patout, Montagnac et autres, comme George Coedès (directeur de l’EFAO), le sénateur Henry Bérenger, l’écrivain et critique d’art André Salmon et le docteur Mondor… Dans une loge, Ida et ses enfants sont venus le soutenir en face de ces éminents spécialistes de la civilisation cambodgienne, que sont les Coedès, Galoubeff, Marchal : « armés d’une grande foi, (ils) ont fait avec de faibles moyens une œuvre immense… » Par cet hommage vibrant, le décorateur les aura peut-être disposé à «glisser» sur quelques idées contestables, comme ce passage (mais a-t-il été dit ? il est barré sur le manuscrit) sur « la fameuse migration aryenne au type dolichocéphale (à la tête longue et étroite) – dont les Allemands Hitlériens prétendent descendre bien que leurs figures larges dénoncent plutôt une origine asiatique…» Les théories racistes font leur chemin. Présent dans la salle, son neveu, Henri Follot a reconnu qu’il savait parler devant le public. Il va d’ailleurs lui en donner une nouvelle preuve, quelques semaines plus tard, à l’occasion des obsèques du sculpteur François Pompon, en prononçant un éloge funèbre qui lui vaudra les félicitations émues de son vieil ami, Frantz Jourdain. Paul a-t-il trouvé sa nouvelle vocation dans la rhétorique de circonstance et la récolte de décorations ? Son activité pédagogique lui a valu, au printemps, la rosette de Chevalier de la Légion d’Honneur…Tout cela ne fait pas prospérer ses affaires.

 Art dégénéré   On est entré dans une période trouble. L’activité du pays ne cesse de se ralentir depuis plus d’un an. La politique s’est mise de la partie : les Français s’apprêtent à mettre au pouvoir un Front Populaire. L’Italie et l’Allemagne se sont rangées derrière des leaders, qui leur promettent un avenir radieux. On commence à parler de mesures antisémites et à dénoncer les «ennemis du peuple» : Juifs, banquiers, homosexuels… L’Espagne se réveille aux cauchemars de Goya. L’exposition qui se prépare semble à certains une occasion de rassembler, sous la bannière de l’art et du progrès technique, des nations que tout de plus en plus sépare. Paul est occupé par mes préparatifs de son envoi à Milan, pour la Triennale des Arts Décoratifs. Son nouveau mobilier en métal ne sera pas prêt, mais il le montrera au Salon, de mai à juin au Grand Palais, à savoir : deux grandes cabines de luxe et un salon moderne, pour le paquebot La Normandie, qui fera sa première traversée Le Havre-NewYork, l’année suivante. Des ensembles entièrement exécutés avec des matériaux ignifuges (incombustibles). Il assure que « ce sera beau, élégant, confortable et pratique… et ne devrait pas revenir plus cher qu’un mobilier du même ordre, réalisé avec des matériauxFauteuil acier Studalordinaires.»

Son fournisseur, les établissements Studal, spécialisés dans la fabrication de mobilier métallique (Studio des alliages légers – 122, Bld. Richard-Lenoir – Paris, 11e), s’engage par contrat à faire appel à lui pour toutes les commandes du même type, et à montrer en permanence dans ses locaux, ou lors d’expositions artistiques ou industrielles, les modèles qu’ils ont créés ensemble. Il aura 10% de droits d’auteur (+ 5% de frais) et leur accord sera valable pour dix ans (Studal à PF – 1er février 1933). Paul Follot veut ainsi assurer de nouveaux débouchés à son activité, dans les domaines de la marine marchande et des aménagements publics. Dans un courrier au Tribunal de commerce, pour justifier des impayés, il se plaint amèrement « que la crise l’ait privé des 4/5e de ses ressources » (26 juin 1933).
Fauteuil Studal 2En réalité, il a beaucoup négligé ses affaires ces deux dernières années, pour s’occuper exclusivement des projets du Siam ; et il a l’espoir de décrocher quelques commandes, en participant à l’exposition de Milan, sinon parmi la riche clientèle transalpine- les temps sont difficiles pour tout le monde ! –du moins dans les autorités officielles qui voient grand et durable dans leurs projets de bâtiments. Les Italiens y ont adjoint un Pavillon de la Photographie… Une première dans l’histoire de cet art ! La France, elle, présentera comme de coutume : « quelques beaux meubles ouvragés, des cristaux de Baccarat moulés à la perfection, des céramiques de Géo Rouard, des verreries de Marinot, de l’argenterie de Lapparra et de Christophle… » (Corriere della Serra – 10 mai 1933)

    Ses ennuis d’argent n’empêchent pas Follot de continuer de mener une vie trépidante. Du 10 au 26 avril, il est au Maroc pour un congrès… mais surtout pour négocier, avec la société Tabouriech & Cie., à Casablanca (1, Rue de Tanger), la fabrication de ses tapis qu’il a de plus en plus de mal à faire tisser en France, dans les conditions sociales imposées par le nouveau gouvernement. Il se prépare également à passer le mois d’août avec sa famille, à Palma de Majorque. De ces lieux éloignés, il envoie ses instructions par lettre-avion à ses collaborateurs à Paris : « faire livrer les meubles pour le Salon du Grand Palais au laqueur Paul-Etienne Saïn (57, Rue Belloni – Paris, 15e/ act. Rue d’Arsonval), qui a déjà laqué une table et trois sièges en métal, pour 575 Fs. » ; ou encore : « envoyer les carcasses en aluminium des fauteuils fabriqués par la firme Studal pour qu’on les garnisse de cuir…» Réponse en Poste Restante, à Palma de Majorque.

    Ses activités pour les chantiers navals ont conduit Paul Follot à travailler avec des matériaux nouveaux comme le fibrociment et certains revêtements résistants au feu ou à des chocs puissants. En particulier pour le croiseur La Marseillaise. Ces matériaux doivent répondre à des critères de sécurité militaire, tout en étant fonctionnels et esthétiques. Soumis à des pressions considérables, ils doivent garder leur stabilité, être silencieux et ne pas propager de194 Guéridon chromé Gillow vibration. Meubles et cloisons de cabines doivent être construits de telle sorte, qu’ils ne perdent pas leur efficacité avec l’usage. Le fonctionnement des portes et des tiroirs doit rester absolument silencieux, être à l’abri de la condensation, insonorisés, ignifugés…
En avril 1934, pour l’aménagement des cabines d’officier du croiseur, Follot a fait des essais de résistance au feu d’un Fibrobloc de qualité Marine. Ce matériau a été brûlé d’une façon concluante, dans les fours du laboratoire d’essai de l’Office des Recherches et Inventions, à Bellevue. (FB à PF – 21 avril 1934)
Il recherche également une plus grande légèreté des matériaux, afin que le mobilier soit facile à manipuler, tout en restant stable et d’une grande rigidité. L’humidité est le grand ennemi dans un bateau. Il faut aussi penser à des moyens de fixation sécurisés pour que chaque meuble soit sûr, tant sur les ponts que sur les montants des cloisons. Ces dernières, résistantes au feu, aux chocs, étanches, rigides, insonores…
Paul Follot est en train de concevoir autrement son métier. Les temps ont changé : un architecte est avant tout, à présent, un ingénieur. Son idée est de créer un modèle-type de meubles, « une ligne » (dirait-on aujourd’hui) qui pourrait être standardisée et devenir d’un emploi courant dans les navires. Ce qui sous-entend des pièces de rechange et des ateliers… et un travail régulier avec les Chantiers de la Loire.

 8.Salon de dame W&G Qu’en est-il du travail d’ébénisterie? Si l’installation d’un cabinet pour le maire du XVIe arrondt (Avenue Henri-Martin) en acajou de Cuba verni, est une commande classique, la question reste cependant discutable. Il est certain que l’aménagement de croiseurs le place à présent devant d’autres défis. Dans sa correspondance avec les ingénieurs de Saint-Nazaire, il n’est question que de difficultés techniques : de laquages spéciaux «capables de résister à un environnement agressif» ; de la garniture des sièges en métal, confiée à une entreprise spécialisée dans le gainage des intérieurs d’automobiles. « J’ai obtenu des résultats remarquables, principalement avec les métaux légers, dans la recherche de mobiliers et d’aménagements entièrement incombustibles et pourtant confortables et jolis. Je suis en train d’en mettre au point plusieurs réalisations pour navires de guerre et pour paquebots. » (PF à CL – 12 juillet 1933)
Il y joint des photos, montrant une table de salon à quatre places qui peut se déplier pour en offrir le double, un fauteuil léger « mais d’un extrême confort » avec sa garniture tout en ressorts et amovible. Ces meubles en alliage d’aluminium sont protégés avec une laque incombustible et inaltérable, vert sombre souligné de filets et denticules vert clair (Véronèse). Paul Follot précise qu’on peut choisir toutes sortes de coloris : « Les prix, en petite série, sont environ 20% supérieurs à ceux de beaux meubles en bois, mais ils sont destinés à un usage illimité (contrairement à ce matériau naturel). Leur195 Tabouret bar chromé Gillow entretien est très facile et, grâce à l’emploi de la laque, le métal n’est pas froid au toucher. (PF à CL – 12 juillet 1933) Il est conquis par les avantages d’un nouveau contreplaqué pressé « qui ouvre à l’emploi du bois des perspectives révolutionnaires »… Inventé par la firme Aalto (Alvar Aalto), il est arrivé sur le marché français en 1932. De même, il suit avec intérêt les progrès d’un matériau souple, lancé sur ce même marché, en 1937, par la société Stylclair, et alliant (selon sa publicité) : « légèreté avec une élasticité surprenante, pour rendre les meubles propices au confort et à l’invention de formes nouvelles. » (Stylclair, 39, Rue Vaneau – Paris VIIe)

     On assiste vers 1935 à une véritable industrialisation du marché du meuble : les magasins Maurice Champion proposent pour 7.000 frs une chambre moderne en chêne cérusé avec encadrement métallique ; les ateliers M.A.D. (Maurice André Décoration) ; les Ateliers du Faubourg Saint-Antoine ; Saddier, Rinck et autres… proposent du mobilier en série, pliant, démontable, suspendu, redressable. C’est le temps du cosy-corner, du meuble à multiples emplois, alliant confort et fonction pratique, la plupart du temps par le biais de mécanismes adaptés aux essences les plus variées. Coloniales pour la plupart : Palissandre de Tamatave (Jeanselme), Palissandres des Indes (Galeries Barbes), Ebène de macassar et sycomore moiré (Au Bûcheron), Pin de l’Oregon (Lévitan)…
Bureau Salon AD 1932Grâce aux chimistes et aux ingénieurs, on dispose à présent de matériaux révolutionnaires : des aluminiums ultralégers (comme le Duralium que l’architecte Marcel Breuer emploie pour son mobilier) ; des gommes et autres dérivés du caoutchouc, des linoléums, mais aussi des textiles ou des bois qui résistent au feu, par le procédé d’ignifugation Oxylène. Cuir, tapis, crin animal, toile de jute, feutre molleton, matelas… Une véritable passion «pyromaniaque» s’est emparée des habitants du n°5 de la Rue Schoelcher ! On est à juste titre persuadé que, du succès de ces expériences, dépendent les futures commandes des chantiers de Saint-Nazaire, notamment pour les navires de guerre… Ces essais avec des matériaux nouveaux sont pour Paul un saut dans l’inconnu. D’abord, tous ne sont pas convaincants et il devra souvent changer de fournisseur ; et puis, l’industrie ne connaît pas encore le « principe de précaution » et la recherche ne mesure pas toujours les conséquences néfastes de ces expériences pour la santé des hommes. Il travaille ainsi avec l’amiante cardée, pour remplacer «avantageusement» le crin ou la laine dans le rembourrage des sièges (SIP – Société industrielle de protection – 30, Rue Vieille-du-Temple – Paris, 4e) ; mais aussi avec des tissus à base de fibres d’amiante pour des tentures et garnitures de meubles, livrés en rouleaux de 100 kg, à 275 Frs. (SIP à PF – 14 février 1933) ; ou encore des peintures, à forte teneur en silicates, qui garantissent du danger d’incendie dans les théâtres et autres lieux publics (Sté. L’Incombustible – 139, Rue Lafayette – Paris, 9e).

    Le succès de sa collaboration avec Studal, notamment avec le projet d’un bureau alliant l’aluminium léger et le bois, ainsi qu’une table de conférence et ses sièges (qui seront en fait réalisés par les établissements Schwartz-Haumont), lui fait envisager de se présenter au Concours International du Siège en Aluminium (CISA), présidé par Walter Gropius et Le Corbusier. Prévu en novembre, cet événement est soumis à l’examen d’un jury composé de cinq architectes internationaux, cinq industriels producteurs d’aluminium (la Studal pour la France) et un ingénieur du Bureau International pour les Applications de l’Aluminium (BIAA). Ne sont autorisés à y participer : «que les créateurs dont les modèles auront été pensés pour une très large diffusion (sièges pour bureaux, hôtels, navires, jardins, cafés, théâtres, cinémas, etc.)» Le lauréat sera récompensé par l’attribution d’une somme de 1.000 Frs, servant au financement de son projet.

  11.Chambre de jeune fille W&G  En ces temps difficiles, Paul Follot se dépense en projets et manifestations. Afin de montrer que ce secteur de l’industrie nationale continue d’être innovateur, la Galerie Bernheim-Jeune (83, Rue du Faubourg-Saint-Honoré et 27, Avenue Matignon – Paris, 8e) a décidé de consacrer une exposition aux tendances nouvelles dans la décoration française. Son organisateur, Maurice Dufrène, veille au choix des participants : « Il ne peut être question, vu les limites du lieu, d’installer des ensembles complets architecturaux ou mobiliers, mais seulement des groupements de meubles et d’éléments divers d’artistes différents, présentés suivant leurs affinités. » (MD à PF – janvier 1934)
S’il a refusé de prêter des meubles pour le 1er voyage du Train-Expo (une opération de promotion des artistes français, en collaboration avec la SNCF), il assure néanmoins sa réclame en multipliant les conférences artistiques à travers l’Hexagone, notamment à Metz, Lille, Toulouse, Nice… Les auditeurs, à l’en croire, apprécient en général « sa franchise et ses explications claires. » Pour ces dernières, il s’agit des idées qu’il défend depuis plus de vingt ans et qui président aujourd’hui aux destinées des arts décoratifs, « même si ses collègues ne lui en attribuent pas toujours la paternité » (PF à l’UCAF – 31 mars 1934)… C’est à Joseph Hiriard, l’un des architectes du Pavillon des Galeries Lafayette (La Maîtrise) à l’exposition de 1925, que Dufrène et Jourdain rendent hommage : « Alors que, se plaint Paul avec amertume, j’ai défendu seul et le premier l’idée que toutes les branches de l’art et de l’industrie devaient travailler ensemble, contre l’hostilité de certains ou l’incompréhension du plus grand nombre. » Il en appelle aux témoignages d’artistes comme Bonnier, Letrosne, Guimard, Patout, Lamothe…4.Salon W&G

  Sur ce fond de rancœurs et de récriminations, va survenir une affaire qui empoisonnera ses dernières années d’activité : Le samedi 24 mars 1934, Paul a reçu un camarade de son fils, un certain Jean Cassel, qui désirait voir en compagnie de sa fiancée le mobilier exposé dans les salons de sa maison. A vingt-quatre ans, ce jeune homme, originaire d’Arras, vient de perdre son père : ce qui le place à la tête d’une grosse fortune. Aussi veut-il en profiter pour se lancer dans les affaires. Le couple, très sympathique, a beaucoup plu aux Follot et c’est sans hésiter que le décorateur (en mal de travaux pour renflouer ses finances) a accepté d’aménager l’appartement qu’il vient d’acquérir, en bordure du Bois de Boulogne. Les conditions de la commande ont été immédiatement fixées : son client achète «ferme» les meubles qui lui plaisent, rue Schoelcher ; pour le reste, il se fie entièrement à son goût. Ce dernier va jouer sur les contrastes de teintes pastel et foncées, lambris d’acajou et mobilier verni noir et noyer veiné… assez 1er Empire. Le chantier va s’avérer plus difficile qu’il ne semblait : «les murs, planchers, chambranles, rien n’est d’équerre (…) L’installation électrique, pourrie et dangereuse. » (PV du 22 mai 1936) Pourtant, comme il l’avait promis «en vingt-six jours (dont trois dimanches), l’appartement est prêt, sec, joli et confortable…» et son client très satisfait.
Table de milieu en macassar à plateau polylobé - W&G - Drouot GazetteLes difficultés vont surgir, lorsqu’il s’agira pour Follot de se faire payer ! Jean Cassel est-il de ces gens qui, semblerait-il, tirent effrontément partie des difficultés que connaissent alors les artistes pour leur soustraire des œuvres et des services sans payer ? « un petit boursicoteur, faisant des affaires de spéculation en bourse, avec l’appui de banquiers véreux chez qui il possède, soi-disant, des valeurs » (Renseignement confidentiel fourni par un Frère en Loge, un certain Dervaux, le 29 avril 1935) Il fera attendra près de quatre ans le décorateur, avec d’innombrables relances, procès, sommations à comparaître, pour laisser finalement quelques plumes : 91.000 Frs (alors qu’il lui en doit le double, sans compter plus de 20.000 Frs en frais de justice !).

    Au passage, on notera que Paul a essayé de vendre le mobilier de la rue Schoelcher, du moins en partie ; signe que les temps ont changé et que sa maison-atelier, telle qu’elle existe depuis le début des années 20- à savoir avec des pièces originales qui servent de modèles pour répondre à des commandes, -n’a plus de raison d’exister. D’abord, les meubles qu’il y expose ne sont plus du tout à la mode ; enfin, ses confrères décorateurs ont, pour la plupart, des galeries ouvertes au tout venant, où ils montrent leurs créations. C’est la fin d’un système (du moins pour ceux qui n’ont pas choisi de travailler pour une clientèle exclusive) qui aura « fonctionné » dix ans.

La suite, le 18 juin, avec : La vogue de La Doulce France


Fiche technique :

Expositions de 1933 et 1934

Les expositions de 1933

* La Triennale des Arts Décoratifs Modernes à Milan (du 6 mai au 30 août 1933).

– L’exposition internationale qui avait lieu tous les deux ans en Italie… à Monza, s’est transportée cette année à Milan et aura lieu tous les trois ans dans un palais en cours de construction dans le Parc du Simplon, près du château des Sforza… Le gouvernement fasciste a adressé une invitation officielle à l’État français. Une section importante des Arts Décoratifs doit y participer, avec le mobilier, la céramique et la verrerie, les tapis et les papiers peints, l’ameublement et l’art du fer, enfin la bijouterie et l’orfèvrerie. On veut y adjoindre une section de l’architecture moderne et de la photographie. (Comité français des expos – 16 janvier 1933).

* Le 23e Salon des Artistes- Décorateurs (du 5 mai au 9 juillet, au Grand Palais des Champs Elysées).

– Follot expose le mobilier d’un salon de luxe dans le paquebot La Normandie (Babord AR – Pont A), réalisé par la Sté. Jean Guillaume (3, Rue Rondelet-Paris XIIe) en coordination avec les services techniques d’emménagement naval.

Le mobilier exposé :OK - Chevet chambre Gillow

* 1 table à jeu extensible en Duralium laqué.
* 3 fauteuils légers et 1 fauteuil confortable en Duralium laqué et garniture de maroquin.
* 1 guéridon en aluminium poli et glacé ;
* 1 tenture flottante en tissu ignifugé exécutée par Michel Dubost.
* 1 tapis au point noué, en haute laine (400 x 450) par Boisseau et Tabouriech & Cie. Coloris : rose et rouge corail avec effets gris-brun.

 

Follot le Parc 2* Exposition aux Galeries Lafayette, consacrée à la Manufacture de Beauvais ( du 7 au 18 novembre, Boulevard Haussmann).

Organisateur : Maurice Dufrène.

Historique : Maurice Dufrène, directeur de La Maîtrise, a demandé à quelques décorateurs, en plus des pièces montrées, une vingtaine d’ensembles mobiliers et de pièces isolées, parmi lesquelles les cartons des tapisseries de la Manufacture. Paul Follot a exposé deux fauteuils et deux chaises recouverts de leurs tapisseries (faisant partie du salon Le Parc), ainsi qu’un bahut, un secrétaire, un guéridon, une glace, accompagnés de deux tapis (MD à PF – 18 oct. 1933).

Liste des exposants dans le catalogue :

Expo tapisseries

 Exposition de Tapisseries tissés par la Manufacture Nationale de Beauvais, aux Galeries Lafayette :

 

1. J.-C. Bellaigue – « L’Aviation » (Sièges de salon, paravent).

2. Cappiello et André Groult – « Les Perroquets » (Sièges de salon, écran, bois de André Groult ; meubles de André Groult).

3. Cappiello et Ruhlmann – « Les Faisans » (Sièges de salle à manger, Les Perroquetsbois de Ruhlmann et meubles et tapis de Ruhlmann).

4. Raoul Dufy et André Groult – « Paris » (Sièges de salon et paravent, bois de André Groult ; meubles, miroir et tapis de André Groult).

5. Jean-Ch. Duval et Ruhlmann – « Corbeilles d’Automne » (Bois de Ruhlmann ; meubles et tapis de Ruhlmann).

6. Paul Follot – « Le Parc » (Sièges de salon, cartons et bois de Paul Follot ; meubles et tapis de Paul Follot).

7. Jean Gadenne et René Prou – « Les 4 Saisons » (Chaises de petit salon, bois de René Prou).

8. Gaudissard et Maurice Dufrène – « Les Arabes » (Sièges de salon, bois de Maurice Dufrène ; écran, meubles, tapis aux points noués de Maurice Dufrène).

9. Gaudissard et André Fréchet – « République » (Fauteuils de Président de la République Française et des Ministres (Appartenant à l’Etat), bois de André Fréchet) – Présentation d’une Tribune officielle pour les Membres du Gouvernement, lors d’une cérémonie nationale , par Maurice Dufrène.

10. Gaudissard – « Les Orchidées » (Sièges de salon).

11. Gaudissard et l’Ecole Boulle – « Bureau officiel pour la Ville de Paris » (Meuble d’appui, sièges, bureau, paravents, créés et exécutés par les Elèves de l’Ecole Boulle. Tapis composé par les Elèves de l’Ecole Boulle).Fauteuils Ministres

12. André Groult – « Les Rubans » (Cartons des Tapisseries et bois par André Groult ; meubles de André Groult).

13. Karbowsky et Damon – « Les Drapeaux » (Sièges d’un Salon officiel, bois de Damon).

14. Georges Leroux et Léon Jallot – « La Provence » (Sièges, bois de Jallot ; meubles de Jallot).

15. Fernand Maillaud et André Fréchet – « Prairial » (Sièges de Galerie, bois de André Fréchet ; meubles de André Fréchet).

16. René Piot et Armand Rateau – « Les Oiseaux d’Or » (Chaises de boudoir, bois de Rateau ; meubles de Rateau).

17. Maurice Taquoy et Süe et Mare – « Pique-Nique » (Sièges de salon, bois de Süe et Mare ; meubles de Süe et Mare).

18. Paul Véra et René Prou – « Les Beaux Dimanches » (Sièges de salon, bois de René Prou ; meubles, tapis de René Prou, avec les cartons de la Tapisserie de Paul Véra « Les Seigneurs »).

19. Jean Weber et Damon – « La Forêt » (Sièges de salon, bois de Damon).

20. D.O.Widhopff et Maurice Dufrène – « Pour la Mairie » (Fauteuil La Mairie 1de Monsieur le Maire, fauteuil de Madame la Mariée, fauteuil de Monsieur le Marié, Fauteuils des Témoins, bois de Maurice Dufrène ; buste de Marianne par Poisson… Présentation officielle par Maurice Dufrène).

21. Anquetin – « La Victoire » (appartient à M. Buneau-Varille).

22. Anquetin et Armand Rateau – « La République » (Ecran, bois de Rateau).

23. Jean Beaumont – « Dossier de Fauteuil ».

24. Edouard Bénédictus – « Variations 1 ».

25. Edouard Bénédictus – « Variations 2 ».

26. Edouard Bénédictus – « Variations 3 ».

27. Marie Clouzot – « Vers les Cimes » (Ecran).

28. Deltombe – « Fruits ».

29. Magdeleine Dayot – « Bouquets de Midi ».

30. Edelmann – « Comédie Italienne ».Paris Dufy 2

31. Gaudissard – « Les Glaieuls ».

32. Gaudissard – « La Bannière des Apprentis ».

33. Gaudissard – « Les Poissons ».

34. Hannicotte – « Les Pyrénées ».

35. Karbowsky – (lot absent).

36. Jérome et Cesbron – « Amour sur Hippogriffe » (Ecran).

37. Madeleine Luka – « La Gardienne d’Oies » (Ecran).

38. Jean Lurçat – « L’Odalisque » (Ecran).

39. André Mare – « Les Tulipes » (Ecran).

40. Charles Martin – « 14 Juillet ».

41. Charles Martin – « La Partie de Canot ».

42. Charles Martin – « La Baignade ».

43. Charles Martin – « La Cueillette ».

44. Charles Martin – « La Chasse ».

45. Charles Martin« La Pêche ».

46. De Marliave et Eric Bagge« République » (Bois de fauteuil par Eric Bagge).

47. Louise Pascalis« Ciels d’Aujourd’hui ».

48. Rij Rousseau et Eric Bagge« Ecran » (bois d’Eric Bagge).

49. J. Saint-Paul – « La Champagne » (Fragment de la suite « Les Vins de France ».

Les Rubans Groult

Les expositions de 1934

* Janvier 1934 – Exposition chez Bernheim-Jeune (83, Rue du Fbg. Saint Honoré et 27, Avenue Matignon – Paris VIIIe).

Présidence : Maurice Dufrène.

Historique : En ces temps difficiles pour les décorateurs français, la Galerie Bernheim-Jeune  a décidé de monter une exposition qui leur permettra de montrer que cette branche continue de créer et d’innover. Une sélection des œuvres les plus représentatives des tendances actuelles et de l’esprit français  (MD à PF – janvier 1934).

165 Fauteuil chromé Gillow

Le mobilier métallique

* C’est la Société Schwartz-Haumont qui réalisera le mobilier pour le croiseur La Marseillaise :
– 1 table – 5.200 frs (pour série de 50 = 3.650 frs pièce)
– 1 fauteuil – 4.000 frs (pour série de 50 = 2.900 frs pièce)
– 1 meuble d’appui – 6.800 frs.
– 1 fauteuil bergère – 3.500 frs.
– 1 grand fauteuil – 4.200 frs.
(Ces prix s’entendent pour des meubles en aluminium poli. Le coût du métal et les garnitures sont en plus)
Remarque 2 : Il semblerait que ces sièges soient également destinés à la Cie Générale Transatlantique, pour La Normandie. (PF à Studal – 8 août 1933)

Mobilier de l’appartement de Monsieur Jean Cassel :

Chambre de Madame :

* 1 petit bureau de dame en bois de Cuba rosé (exposé au Salon d’Automne de 1934, puis en 1936).
* 1 piano en amboine (exposé au Salon des AD au Gd. Palais en 1936).
* 1 coiffeuse en bois doré à la feuille avec socle et monture nickelés Chambre dame SAD 32 - Faceet un siège au même modèle.
* Cheminée en marbre (remplaçant celle en travertin).
* Appliques lumineuses en albâtre.

Bureau de Monsieur :

* Aménagement du bureau de Monsieur, soit : 1 bureau * 1 fauteuil idem * 1 table cabaret le tout en noyer veiné et verni.
* 1 bar en boiseries avec quatre gouttières lumineuses.
* 1 divan avec table et sièges.
* 1 lustre.
* 1 lit * 1 chevet * 1 chiffonnier et 2 chaises en sycomore blond.

Le Studio :

* 1 meuble noir * 1 méridienne * 1 tapis, modèle Séléné * 1 fauteuil * 1 guéridon  * 1 grande table de bridge * 4 chaises * 2 fauteuils * 1 tapis au modèle Naples.

Follot seul - Bureau 2* 1 miroir à triple panneaux, monté pour un effet décoratif d’ensemble et en vue d’obtenir un parallélisme rigoureux avec le mur et le miroir de la salle de bains qui lui fait vis-à-vis à dix mètres, lorsqu’on ouvre sa porte. Panneaux en glaces de Saint-Gobain (1er choix).
* Tissu mural du Salon.
* Moquette de bonne qualité.
* 1 tapis carré (316 x 316) au point noué, modèle Sirius, tissé par la Société S.T.M. (Société de Tissage Moderne – 108, Fg. Saint-Honoré – Paris VIIIe). Prix : 5.800 Frs. (Exposé au Salon des AD, Gd. Palais le 6 Mai 1936).

 Remarques : Ainsi que toute la robinetterie de la salle de bains. Livraison de l’appartement : lundi 30 avril 1934, à midi. Soit, un mois exactement après la signature de la commande.

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