Le roman de Paul Follot (Suite 39)

Follot 15 Les Roses 1

Chapitre 39

                                       Damas brochés, lampas de soie…                                   Les tissus de Paul Follot

     Après la crise de 1929, le monde est entré dans une logique économique nouvelle, où seules les groupes peuvent prétendre exercer efficacement une action sur la vie sociale. Comme les ouvriers métallos, les bouchers ou les dockers, les artistes-décorateurs ont intérêt à se grouper- non plus, comme ils l’ont fait jusqu’à ce jour, en courants esthétiques, -mais en collectivités capables de défendre leurs droits et l’avenir de leur profession. L’engagement social est désormais la seule perspective qui s’offre à tous ceux et celles qui veulent jouer un rôle dans la création. C’est la fin de la pyramide des valeurs, défendue en gros depuis la Follot 16Renaissance, qui donnait à l’artiste une place particulière à la périphérie du pouvoir, même si ce n’était qu’une illusion. Le déséquilibre entre les ressources des habitants de la planète se creuse : « La moitié des hommes manque de tout, alors que jamais l’Humanité n’a été aussi riche. » (Follot à l’UCAF, avril 1933) La moitié des Français ne sait pas lire, alors que l’autre veut du sensationnel à tout prix.

     « Le syndicat faisant la force » (comme le dit le dicton), les artistes reprennent le thème récurent du corporatisme pour affronter les nouvelles réalités… avec l’appui de la CGT. On voit ainsi se créer, sous l’impulsion de Frantz Jourdain ou Paul Follot et quelques autres, une Union corporative de l’art français (UCAF) dont les deux principaux objectifs sont :
1°/ former un bloc compact pour défendre les intérêts des artistes-décorateurs vis-à-vis des pouvoirs publics.
2°/ préparer ensemble une exposition internationale pour 1935, qui leur permette de mettre en pratique leurs principes.
Parallèlement, il s’est créé une Fédération des artistes créateurs (la FAC), dans laquelle Follot occupe également une place importante. Elle a pour but « d’assurer en France, dans les colonies et les pays du protectorat, le développement de l’art français, ainsi que resserrer les liens interprofessionnels en dehors de toutes les questions esthétiques. » (Circulaire du 18 mai 1932)

     Le chômage a touché fortement les milieux artistiques. Les métiers d’art n’ont plus autant d’activités que dans le passé. Par mesures d’économies, Paul a dû renoncer à ces meubles luxueux qui avaient bâti sa renommée dans les années 20. Il a également fait un trait sur les beaux damas, sur les lampas de soie tissés par les grandes maisons lyonnaises, les Tassinari, Lauer, Cornille & Frères… Trop riche ! Trop cher ! Il cherche à présent un compromis entre le coût et la qualité : « des meubles simples, dans une matière belle et d’une exécution irréprochable. » La crise a touché le secteur textile et l’on voit les restrictions se répercuter sur le goût de la clientèle. Les grands magasins proposent maintenant du « beau » pour les classesP1010151 moyennes. C’est le temps de la Samaritaine de Luxe… Plus modestement, des Galeries Barbés ou d’Armena Lévitan, dont les ateliers s’inspirent de ce qui se fait de mieux chez les meilleurs (ceux qui continuent de meubler une élite) pour le proposer sous une forme presque trompeuse, à des prix « défiant toute concurrence ».

     Follot a repris la conduite de son équipe. Sa correspondance amicale avec le Prince Iddhideb, entre mai et juin 1931, n’a pas fait avancer d’un pouce le projet du Siam. Cela le met bien sûr en difficultés avec ses fournisseurs. Il ne peut fixer aucune date précise avec le ferronnier d’art Borderel & Robert (131, rue Damrémont – Paris), pour la fabrication des grilles du palais Chakkri. Il n’attend qu’un ordre officiel du roi, et le premier versement prévu dans leur contrat, pour commencer le tissage du grand tapis de la salle du trône… En fait Sa Majesté a changé d’avis et elle a commandé un « Fauteuils palmierGobelins » de style Louis XIV, plus conforme à Sa conception du pouvoir. Quant aux tapis des salons, ils ont été livrés par le fournisseur habituel de la cour, Mister Dixon, directeur de la frime britannique, White Allow, à Bangkok.
Pour éviter que cette opération soit un fiasco total, Paul va essayer de placer auprès de ses familiers les «à-côtés» de la commande royale. Il a suggéré à Iddhideb de lui acheter, pour son service personnel, le magnifique service en argent qu’il a fait fabriquer par Lapparra : « l’une des meilleures et des plus anciennes maisons françaises d’orfèvrerie. » (PF à PI – 24 mai 1931) Comme il n’est plus en affaire avec la Waring, il lui a laissé entendre qu’il pouvait le lui céder pour la moitié de son prix. C’est encore trop cher ! La vente ne se fera pas. Quant au grand bureau que son royal père n’a pas daigné acquérir, il l’a placé au 21e Salon des Artistes Décorateur en le baptisant Le Président… Un comble ! lorsqu’on songe qu’un an plus tard la Thaïlande va se doter d’une Constitution.

     Le petit monde des décorateurs français lui en veut de son succèsFollot 26 Les bouquets à caution en Asie… Sa candidature à la promotion 1931 d’Officier de la Légion d’Honneur a essuyé un refus. A cela viennent s’ajouter de sérieux ennuis financiers, notamment pour payer ses impôts. Dans sa demande d’un délai supplémentaire, au percepteur du XIVe arrondissement, Paul évoque ses difficultés : il a de plus en plus de mal à se faire régler par ses clients et ce, malgré toutes les menaces de poursuites. Il souligne qu’il a toujours à sa charge son fils Erwin, étudiant à l’École des Beaux-Arts, ainsi que sa fille Sylvie et (une nouveauté, celle-ci ayant à peine vingt ans !) son fiancé, Eric Hurel, « un écrivain sans travail » (précise-t-il) ; ajoutant qu’il se verra obligé, si cette situation précaire devait se prolonger, de demander une aide à l’État, dans le cadre des mesures exceptionnelles qui viennent d’être adoptées en faveur des Artistes (remarquez que Follot écrit toujours ce nom avec une majuscule) momentanément touchés par la crise. (PF à Percept. 14e arrondt.). Heureusement, la Maison Rumpelmayer lui a demandé de s’occuper du réaménagement de son salon de thé de la rue de Rivoli. Le décorateur pense à commander des tissus originaux aux Ateliers Mondragon, qui tissent à la main des modèles nouveaux, très chics, et d’un coût très raisonnable.

 Projet de textile - 2    Dans ce contexte difficile, il a eu un accident avec sa Delage, ce même 10 octobre où il a reçu une lettre toute empéguée d’éloges de son vieil ami Hector Guimard… Que de souvenirs réveille pour lui ce nom ! L’architecte, immortalisé par les entrées du métropolitain (qui lui ont déjà valu, dans les livres, le titre réducteur de Père de l’Art Nouille) et qui espère peut-être avoir sa part dans la commande pharaonique des palais de Siam, félicite son confrère pour la place « distinguée » qu’il est en train de prendre dans la société : « place bien méritée, appuie-t-il, par vos efforts, votre dévouement à l’art moderne et vos bonnes qualités d’esprit. » Et, comme il veut le persuader qu’il a lui-même évolué en même temps que les arts décoratifs français, il ajoute (ce qui a dû faire sourire Follot) : « que l’on peut compter sur son concours le plus complet, pour que les œuvres (de lui) qu’on montrera à l’Exposition Internationale de 1935 soient aussi différentes de celles de 1925, que ces dernières l’étaient de 1900 ! » (HG à PF – 10 octobre 1931) Comme on peut le constater : chacun est toujours sur sa petite planète !
En décembre, Paul est écarté de la vice-présidence de la SAD. Une mesure qu’il impute aux «manœuvres hypocrites et sournoises de Projet de textile - 1cette vieille fille (la SAD) pour l’éloigner d’une fonction de président à laquelle il pourrait légitimement prétendre. » (Lettre à Hairon – 17 décembre 1932) Il le deviendra quatre années plus tard !

     La situation socio-économique est encore trop fragile pour qu’on puisse envisager une reprise des activités dans le pays. Parallèlement, les passions belliqueuses se sont réveillées un peu partout en Europe. Certains journalistes parlent déjà d’un « climat d’avant-guerre ». Est-ce pour accélérer cette reprise ou parce qu’elle veut montrer au monde qu’elle continue à jouer un rôle de premier plan sur la scène internationale ? La France songe à une grande Exposition des Arts et des Techniques qu’on repousse d’année en année. Pour 1935 (date initialement prévue) personne ne sera prêt ! 1936 a déjà été retenue pour l’Exposition de Bruxelles… Finalement, elle se tiendra à Paris l’année suivante, en 1937 ! Le moment est-il judicieux ? Nul ne peut le dire : la roue de l’Histoire s’est emballée soudain !
Paul Follot s’est fait nommer à la tête du Comité d’études créé pour organiser l’événement, le CEEIAMP 37 (Comité d’Études pour une Exposition Internationale d’Art Moderne à Paris en 1937), dont la présidence est assumée par « l’ancêtre à tous » : l’architecte Frantz Jourdain. Il a eu l’idée brillante de dessiner un logo, Dans l’Axe, qui se veut très explicite sur les objectifs de l’événement : assurer le succès économique du groupe des artistes qu’il représente, à savoir les membres de la SAD (Société des Artistes Décorateurs) et de l’UAM (Union des Artistes Modernes) : « Désormais, il faut vendre, vendre et encore vendre, si l’on veut continuer d’exister ! » Le temps des folies décoratives est passé : les maharadjas vivent aujourd’hui dans des villas avec piscine, garage et salle de sport, sur la Côte d’Azur ou sous les palmiers de la Californie.

     Avant de laisser cette époque, au moment où l’on voit changer ses conceptions décoratives en même temps que sa structure sociale, je voudrais revenir sur un secteur de l’activité de Follot sur lequel je ne me suis peut-être pas assez étendu malgré l’importance qu’il a eu dans son style : son travail sur le textile.

Follot 14 Les Roses Tassinari Au lendemain de la Grande Guerre, Paul Follot voulait travailler pour ce qu’il nommait alors « l’élite » ; créer des meubles précieux, des étoffes luxueuses… Il s’était formé au dessin, à la fin du siècle, dans l’atelier d’Eugène Grasset qui représentait bien la combinaison de ces tendances venant tant de l’Angleterre victorienne que de cet univers post-romantique marqué en France par Viollet-le-Duc. Il avait approfondi ses connaissances de la typographie et de l’illustration littéraire, avec un net penchant pour les formes organiques. Courbes, volutes, ellipses n’étaient pas libres chez lui, comme chez la plupart des représentants de l’Art Nouveau (comme chez Hector Guimard, par exemple !), mais elles s’inscrivaient dans un plan géométrique, carré, rectangle, polygone, comme dans un cartouche renforçant leur portée expressive avec l’intervention de la couleur. En cela, il se reconnaissait déjà comme un artiste de la période suivante : les styles de 1910 et des années 20. Son passage par l’Académie Perrin était venu étayer ce jeu de la couleur et du dessin, avec une solide formation de plasticien. Paul s’était astreint, dans un premier temps, à modeler des formes plastiques, à plier son dessin à un cadre architectural, comme l’aurait fait un ornemaniste œuvrant pour la céramique ou le vitrail, tout en recherchant les lignes de force, les solides aplombs, comme le firent les bâtisseurs de cathédrales ou, plus près de nous, leurs lointaines émules, les élèves de Viollet-le-Duc.

     Comme il s’adjoint le concours des meilleurs ébénistes pour réaliser ses meubles, Follot fait appel aux meilleurs soyeux pour fabriquer ses tissus:Cahier fournitures 1
D’abord les Frères Cornille dont les ateliers (21 Bld. Montmartre – Paris 2e) tisseront pour lui, de 1911 à 1922, successivement : le lampas de soie Roses et Raies sur fond bleu-lavande ; Cornes d’Abondance rebrodées à la main de fil d’or ; Les Vasques de Fruits et sa variante, Les Corbeilles ; le damas de soie broché Les Roses sur fond tête-de-nègre avec fleurs crème et feuillages broché vieil or, dont le tissage s’avère extrêmement délicat car « l’ouvrier ne fait que 70 cm par jour, du fait que le fil d’or casse la trame de soie. » (C&F à PF – 10 décembre 1912). Problème de la création à une époque, où le travail n’a pas encore été totalement mécanisé dans les ateliers ; alors que ces tissus « modernes » ne se trouvent pas encore dans le grand commerce et sont fabriqués en très petite quantité, pour une clientèle qui veut des modèles uniques. Ainsi, il a été convenu avec la Maison Cornille, que chaque modèle serait échantillonné en plusieurs gammes de coloris, afin d’en faciliter la vente auprès des clients.

  De la même façon, Paul Follot travaille avec la Maison Tassinari & Chatel (ancien Etabl. Pernon – 82, rue des Petits-Champs), fabricant lyonnais de soieries auquel il passe, à partir de 1909, la plupart de ses commandes en tissus d’ameublement : Lampas aux Corbeilles de Fruits ; Les Roses (qui a édité le premier ce modèle, Tassinari ou Cornille ?) ; Les Colonnes, sur fonds rose-thé et terre de Sienne ; Les Navettes ; Les Insectes ; Les Plumes… Ces fabrications sont aussi coûteuses (ce qui peut paraître de nos jours paradoxal) qu’un ensemble de mobilier pour un salon! Aussi, les directeurs de ces grandes maisons de soieries, comme MM. Tassinari et Cadot, se donnent rendez-vous régulièrement au Musée des Arts Décoratifs, pour rencontrer le décorateur et comparer leurs résultats avec les modèles conservés dans les collections : « Ou bien le coloris n’est pas bon, ou c’est le dessin qui est noyé et ne se lit pas ! leur écrit Follot : Je crains que nous n’arrivions pas à un meilleur résultat tant que vous n’aurez pas trouvé un procédé d’effet équivalent et aussi solide que celui que je vous propose sur mon modèle. Dans ce cas, voulez-vous bien faire de nouveaux essais dans l’ancien coloris : fond brun-rouge, roses pourpres et feuilles vieil or ? » (PF à T&C – 7 décembre 1920)

 Follot 27 La Treille1 On citera également la Maison Lauer, qui tisse le modèle Les Petites Baies en 1913, dans ses ateliers de Puteaux ; ainsi que le lampas de soie Zig-Zags ombré vert, métal noir et mauve sur fond violet ou bleu, et d’autres dessins… Jusqu’à leur rupture en avril 1921, où Lauer fournit un lampas bleu, pourpre et argent, dont Follot trouve la mise en teintes ratée : « la tonalité générale en est trop bleue et ne s’harmonise pas du tout avec les meubles en amboine auquel ce tissu était destiné. » Cet incident survenant après quelques autres, notamment des retards « graves » (en novembre 1917, en pleine guerre !), leur collaboration cessera à partir de cette date.

     Les couleurs de ses tissus varieront avec les époques. Avant la guerre, il aime les teintes pures, les contrastes chromatiques mis en vogue par les Ballets Russes – bleu profond, jaune cédrat, vert acide, rose orangé… Dans ses salons de la Rue Schoelcher dominent les tons d’ambre et de bleu pervenche, de mauve et de gris argent ; tissus jouant avec les roses, rouges éteints, indigo sur vert tendre, qu’on retrouve sur les meubles qu’il créés pour Pomone… Puis, les tonsFollot 1 Les Insectes changent dans la 2e moitié des années 20. On retrouve, pour Waring & Gillow, sa façon particulière de traiter la couleur, mais dans une gamme plus dramatique : tissus bleu de nuit et or, chaudron et argent, rose profond et gris, émeraude foncé et or pâle, taupe et argent, prune et paille, rouge corail et argent mat, aubergine et vieil argent… (Emile Lucier – 18, Rue Favart – Paris 2e). Sa dernière manière, lorsqu’il travaillera à son compte, dans les années 30 suivra cette évolution vers une plus grande subtilité des teintes sur une matière plus naturelle.

La suite, le 11 juin, avec : Conséquences d’une crise…


Fiche technique :

Les expositions en 1931

*21e Salon des Artistes Décorateurs (avril à mai 1931, au Musée des Art Décoratifs).

Le Mobilier exposé :

Le 16 mars 1931, il a chargé la société Le Meuble Moderne (direct. J. Labbé) ébéniste à Paris (62, Rue de Montreuil) d’achever deux meubles pour ce Salon. (JL à PF – 16 mars 1931)
*Un meuble-bureau dit Président en loupe de noyer, noyer massif et bronzes nickelés demi-mat, avec dessus de 2 m. de long en partie gainé de cuir. Sabots à billes ou sabots fixes ? Cinq tiroirs… (Prix de revient = 9.500 frs/ Prix de vente = 18.500 frs)
*Une cave à liqueurs du même modèle à 2 portes, O,68 de diamètre, bronzes nickelés demi-mat… (Prix de revient = 3.500 frs/ Prix de vente = 7.800 frs.).

180px-Expo_1931_AngkorWat1

*L’Exposition Coloniale (du 6 mai au 15 novembre – Vincennes, Porte Dorée)

Le Mobilier exposé :

La maison SAïN (laquage synthétique) a réalisé…

*Une coiffeuse à corps de 1,75 m. de long reposant sur deux Chambre dame SAD 32 - Facecylindres à deux portes et deux tiroirs pivotants, en laque rose-beige nuagé, avec bronzes nickelés demi-mat (Prix de revient = 9.600 frs/ Prix de vente = 18.000 frs).

*Son siège assorti (Prix de revient = 1.830 frs/ vente = 2.900 frs).

*Un tapis ( Prix de revient = 1.890 frs/ vente = 4.000 frs).

Remarque : Cette coiffeuse est un meuble de grand luxe, laquée en laque synthétique sur feuilles d’or arraché, avec des parties en métal nickelé demi-mat et deux appliques en albâtre blanc. (PF à FG – 8 juin 1931) On a renoncé à incruster le plateau de coquilles d’œuf, car cela augmentait trop son coût (Saïn à PF – 6 mars 1931).

 

Les expositions en 1932

*22e Salon des Artistes Décorateurs (d’avril à mai, au Musée des Arts Décoratifs).

Créations de Follot dans le Pavillon de Lapparra (orfèvre) :

Architecte : Paul Follot.41Stand Lapparra 1932.2

Remarque : Il a conçu le stand sur le plan d’une croix grecque. Les cloisons portent, à l’intérieur et à l’extérieur des niches, qui font office de vitrines. Les cloisons sont peintes couleur grain de pierre et les niches, gainées d’un velours de soie vert jade (20 Mars 1932). Luminaire : Grand réflecteur en albâtre blanc (prix 665 frs) et des appliques murales.
NB : Lappara (fabricant–orfèvre) – 157, Rue du Temple – Paris (…)

Pièces d’orfèvrerie :

*1 service à chocolat et 1 à café avec plateau (6 pièces) au modèle Automne.

*1 chocolatière (avec le dessin préparatoire de Follot).

*1 pot à crème (avec dessin).

*2 saucières (avec dessins).

*1 service à thé ou café (5 pièces).

Pièces d’orfèvrerie de Follot, exécutées par Lapparra :

*1 service à thé (8 tasses et 4 pièces d’orfèvrerie avec plateau).

*1 service à thé (modèle Lapparra).

*1 petit surtout de table à pans avec glace (55 x 33).

*1 paire de bouts de table à 2 branches électriques.

*1 saucière ovale avec anses (25 cm), *1 légumier (30 cm).

39Modèles Lapparra 1932

*1 plat ovale ( 42 cm), *2 ou 3 modèles de couverts.

*1 coupe sur socle (haut 40 cm – larg. 22cm).

*1 théière, *1 sucrier, *1 crémier, *1 plateau, *1 petite coupe ronde (diam 20cm/ haut 10cm).

Mobilier de Paul Follot :

*1 bahut laque noire.

+1 divan en laque or arrachée (laque synthétique).

*1 lampadaire laqué noir et métal doré mat (laque synthétique).

*1 coiffeuse laque noire et métal doré mat (14.500 frs).

*1 chaise laque noire et métal doré mat (3.000 frs).

*1 tapis modèle Genève (3.800 frs).

Remarque : Objets, flacons et boites sont de Jean Luce.
NB : Ebénisterie de décoration et laques par les Etabl. SAÏN – 7, Rue Belloni – Paris (XVe).


Follot 11 Cornille lampas or 1919

Les Tissus de Paul Follot

* Collaboration avec la Maison Cornille (1911-1922).

Historique: Les Frères Cornille ou Cornille & Frères (21 Bld. Montmartre, Paris – 2e ). Les maisons Bouix et Cornille (directeur Maurice Cornille) ont fusionné dans les années 20 avec la maison Lucien Bouix (7, Rue du Mail – Paris 2e) (LB à PF – 2 fév. 1938).

Les commandes  :

*Lampas de soie broché… Les Roses sur rayures (dessin de Follot – Juillet 1912) sur fond bleu. Les roses se détachent en nuance rose pâle et les tiges et feuilles en noir, tandis que la rayure est formée de petits motifs noir et de graines crème (25 frs. le m. en 130 de large – n°4850 sur patron de registre).Follot 19 Roses sur rayures

*Un autre tirage du même modèle… Les Roses sur rayures (dessin de Follot – 30 juillet 1912)… en coloris pourpre et or sur un fond marron foncé, destiné à un petit salon qui sera exposé au Salon d’Automne 1912. On a opté pour du fil de soie or, plutôt que du métal précieux (comme le désirait le client) qui aurait demandé une étude retardant la date de livraison.

*Un lampas de soie prune et vieil or… destiné aux sièges Les Cornes d’abondance, pour un boudoir et rebrodé à la main de fil d’or (22 août 1912).

*Un lampas de soie broché Les Vasques de fruits (dessin de Follot) en essai de couleurs fond vert (n° patron 10049) et sa variante au dessin Les Corbeilles de fruits (18 oct. 1911).

*Un damas de soie broché Les Roses (dessin de Follot) sur fond tête de nègre avec fleurs crème et rose clair (oct. 1912 – n° 4752) et un autre échantillon avec les fleurs « rose chaudron » (rose safrané ?) (2 déc. 1912).

Croquis Roses*Un damas de soie broché Les Roses (dessin de Follot) sur fond rose pourpre avec les fleurs « tête de nègre » et des feuilles or (janv. 1913 – n° 4867 – 26 frs. le mètre), dont le tissage s’avère très délicat «l’ouvrier ne fait que 70 cm environ par jour » probablement à cause du fil d’or qui casse la trame de soie. » (10 déc. 1912)

*Damas de soie broché Les Vasques de fruits (dessin de Follot) en coloris émeraude, violet et jaune (n° patron 10049).

*Damas de soie broché Les Roses (dessin de Follot) sur un fond bleu-lavande (18 janv. 1913)

*Damas de soie broché Les Roses (dessin de Follot) semis de roses en bouton sur tiges verticales à fond « jaune bois » et orange pour les boutons. (n° patron 52 1618 – 65 frs. le m.)

*Damas de soie broché Les Feuilles de lilas (dessin de Follot) sur fond de soie noir tramé d’or (métal) (patron n° 10 755) exposé en tentures au Salon d’Automne 1920 ( 94 frs. le m) ou bleu et vieil or (soie) exposé au Salon de 1922.

*Faille au modèle Mandchou (patrons n° 10 613 et n° 10 639Corbeille de fleurs 2) en coloris pourpre et vieil or, commandée pour la tenture du stand Follot au Pavillon de Marsan de 1921 (32 frs. le m – 8 janv. 1921).

*Damas de soie broché Les Oiseaux fantastiques (dessin de Beaumont) destiné à couvrir des sièges de Follot. (135 frs. le m.)

*Lampas Les Feuilles aigües (dessin de Follot, n° de patron 10 006 – oct. 1910).

*Lampas Des Fruits sur treillage (dessin de Follot en 1911, n° de patron 10 053).

*Lampas Des Fruits sur treillage (dessin de Follot, n° de patron 10 844 – 27 juillet 1921) au coloris gris-corail et blanc (rebrodé au fil d’argent).

*Lampas Gerbe de fleurs (dessin de Follot, n° 10 854 – 22 juillet 1921) au dessin très fouillé et destiné à recouvrir des sièges (40 frs. le m.) avec des couleurs vert et pourpre. Cornille propose de traiter le motif par masses : feuilles, fruits, herbes, afin d’obtenir davantage de clarté (C à PF – 1er sept. 1921).

*Taffetas de soie rayé bleu et or… fil de soie or (n° patron 10 206).

Les commandes annexes :

Follot 24 Les fleurs 1*Les Frères Cornille tissent également pour Follot… des veloutines vieux-rose, des popelines glacées… Toutes ces commandes sont passées dans l’urgence pour une clientèle qui veut des pièces uniques. Elle exige des couleurs sombres, sur un modèle pour lequel a joué une gamme de claires ; des fils d’or ou d’argent, là où il avait prévu de la soie, etc.

*Veloutine aux teintes changeantes bleu et rose… assortie avec le modèle de damas broché Les Roses sur rayures sur fond bleu, dans le but de servir à faire des rideaux dans un salon tendu avec le damas de soie (n° patron 4850).

*Veloutine pourpre et or… pour le boudoir de Mr. Meunier (16 frs ; le m.).

*Veloutine à fond vert et reflets changeants violet… appelé aussi « vert lancé mauve » (27 nov. 1913).

*Reps imprimé sur le modèle Les Roses (dessin de Follot) exécuté en lais pour des nappes d’échantillon (n° 8292 – sept. 1920) et destiné à couvrir des sièges.

1e Remarque : Il a été convenu avec Maurice Cornille que chaque dessin de Follot serait échantillonné en plusieurs gammes de coloris, afin d’en faciliter la vente auprès de la clientèle. En effet, le tisserand se plaint, avant la guerre de 14-18, de ne pas avoir de clients pour « ces tissus modernes », alors que les modèles classiques (Louis XV et Louis XVI) se vendent très bien (18 janv. 1913).
Motif floral 2A partir de 1920… les tissus de Follot connaissent un vif succès et il renégocie son contrat avec les Frères Cornille, contrat qui reposait sur la base d’une vente libre « réservant à l’artiste un droit d’auteur de 1% qui variait avec la quantité vendue ». Il demande que le taux de cette redevance soit augmenté à 3% pendant dix ans, toutes gammes d’étoffes confondues. Car les ventes ont aussi changé et concernent moins, après la guerre, les lampas de soie ou les damas brochés tissés au métier, que les étoffes imprimés dont les prix varient entre le bon marché et le « moyen-gamme ». (PF à Cornille – 25 avril 1920)

2e Remarque : La Maison Maurice Cornille (45, Rue de Richelieu, Paris 1er) va tisser… 44 mètres de lampas sur le dessin Agadir de Paul Follot, destinés à une tenture murale pour le Salon de musique du Pavillon de la SAD à l’Exposition Internationale de 1937 (participation de 2.000 frs de Follot). (MC à PF – 9 juillet 1937)

3e Remarque : Follot a demandé que le nom des artistes (en l’occurrence le sien et celui de Beaumont) soit porté sur leurs étoffes. Le projet est en discussion chez l’éditeur de textiles d’ameublement (M.Eb à PF – 7 août 1911).

*Collaboration avec Tassinari & Chatel (1909 – 1919).

Follot 12 Lampas oiseau bleu 2Historique : C’est chez ce fabricant lyonnais de soieries, Tassinari & Chatel (ancienne Maison Pernon, succession de Grands Frères, 82 Rue des Petits-Champs), que Follot passe la plupart de ses commandes en tissus d’ameublement à partir de 1909. Mais c’est l’année suivante et jusqu’à 1914, que leur collaboration se développera.

Commandes en soieries (damas, lampas, failles, taffetas  :

*Lampas Les Corbeilles de Fruits… le 18 juin 1912, Follot passe commande de 15 mètres de soieries (en 1,30 m. de large), du modèle Tassinari (125 frs. le m.).
*Lampas Les Roses… Le 29 novembre 1912, Mme. Follot passe commande 5 mètres du lampas au modèle* (sur 1 m. de large).

*« Monsieur, Veuillez me faire savoir le plus tôt possible s’il vous est possible de tisser l’étoffe « les Roses » en 100, en deux morceaux de 1m. chacun, et sans couture. Si vous pouvez le faire ainsi, dîtes-moi combien de temps pour 4 m. en 54, etc»; (IF à Cadot (directeur de T&C) – 28 nov. 1912)
Remarque : Remettre un modèle sur le métier pour un tirage spécial reviendrait trop cher, aussi Monsieur Cadot propose de raccorder deux coupons de 220 et 230 qu’il a en réserve.

Quelques questions concernant Les Roses :

1e/Le premier modèle (fond rose-thé) est-il celui du Follot 22 Les Roses 2paravent de l’Exposition de Turin (1912) ou du salon d’Henry Bataille (fond crème avec motif bleu-lavande et bordure rose et réséda) ?
2e/Qui a édité le premier ce modèle Les Roses ? de Tassinari & Chatel ou des Frères Cornille.
3e/Qui est finalement l’éditeur du lampas pour le paravent de Turin (1912) à fond rose-thé ?
4e/Et l’éditeur du modèle pour la chambre de M.Henry Bataille (28 sept. 1912) à fond crème et rose-thé (n°8985) ?

+Lampas Les Colonnes… le 5 mai 1912, sur fond rose (n° 8998), existe en fonds rose, rose-thé, terre de Sienne.

*Lampas Les Navettes… le 13 fév. 1912, coloris terre de Sienne.

*Lampas Les Insectes… en septembre 1911 (n°8828) gris et mauve.

*Lampas Les Plumes… en juin 1911 (n°8997) fond rose.

*Lampas Petit vase de fleurs… (manque n° et date, illisibles).

Remarques : Ces commande sont coûteuses… elles sont aussi chères Roses 3(ce qui peut aujourd’hui paraître paradoxal !) qu’un bel ensemble de mobilier (voir fiches Clients, avant 1914). Le coût du lampas Les Roses pour le salon d’Henry Bataille (n°8985) s’élève à 2.364 francs. 129 frs pour 2 mètres de brocart (1919). 3.005 frs. de brocatelle (n°130) en février 1919. 120 frs. pour 1 m. de lampas Les Roses pour Daria Meunier.
Au printemps 1911, Tassinari écrit à Follot, qu’il n’y a plus rien de tissé dans les modèles Les Roses et Petit Vase de fleurs, et qu’il faudrait entre 5 et 6 semaines pour avoir de quoi faire les portières qu’il demande pour l’Exposition de Turin.
En mai 1911 : « Je vous rappelle que vous m’avez promis de faire échantillonner mes modèles d’étoffes en plusieurs gammes de ton. Comme cela présente le plus grand intérêt au point de vue de la vente, tant dans votre clientèle que dans la mienne… » (PF à TC – 18 mai 1912)

Remise le 18 octobre 1919, de 22 échantillons…
*Lampas sur fond rose ou réséda du modèle Les Roses de Paul Follot.
*Lampas vert crème, vert d’eau, faille rose, bleu-vert crème de Karbovsky.
*Un damassé bleu de Charles Plumet.
*Brocart jaune de Suzanne Lalique.Lampas vert 1913
*Damas crème et rose de Karbovsky.
*Brocatelle argent et bleu, gris-rouge-bleu, vert crème, crème, mauve crème, rose de Karbovsky.
*Velours de Gênes maïs, orange et bleu de CH. Plumet
*Velours de Gênes crème-vert-bleu de Karbovsky.
*Lampassette crème et noir, bleu de Giraldon.
*Brocatelle vert et or de Giraldon.

Remarques :

*Les couleurs de Follot, avant 1914… Gris mauve pour un lampas de Tassinari sur fond rose, lampas en tons rose et thé vert, de crèmes sur fond « bleu lavande » ( Henry Bataille) ; velours réséda, violet et or fumé ; lampas violet et vert tendre, rose loutre et vert ; velours de Gênes or et violet ou or fumé, violet et loutre ; velours or et prune ; damas ardoise (1909), maïs et rose (1909) ; damas bleu et jaune tendre (1909)…

*Les couleurs de Follot, après 1919… velours amarante, damas lilas mauve et or (Bonabeau, 1921), tussor bleu de nuit, velours lie de vin…

*Les motifs de Follot, avant 1914… les grandes roses (1909), roses grises avec deux verts, petits bouquets réséda, corbeille de fruits (1912), les insectes en gris-mauve, les plumes (1914) en lampas rose, les colonnes (1914)…

 

*Collaboration avec Lauer (1913 – 1921).

Follot 10 Roses rouges 3– Historique : Comme avec Tassinari, il est à la fois créateur et client. Il fournit des modèles, afin qu’ils soient tissés et édités par la maison de textiles, et il commande parallèlement des tissus d’autres artistes, pour recouvrir ses meubles.
– « En ce qui concerne le dessin Les Petites Baies, il est bien entendu qu’il sera exploité par vous et répandu le plus possible, et que vous me le paierez soixante quinze francs (catégorie B du contrat*). Pour le grand dessin Les Corbeilles de fruits, vous voudrez bien l’exécuter en m’en réservant la vente (…) Quant au grand panneau de tapisserie, je vous confirme notre entente, à savoir, que vous l’exécuterez immédiatement et me le livrerez dans un délai de trois mois, afin que je l’expose dans ma salle à manger. Je m’efforcerai de le vendre et vous paierai, si j’y parviens, le prix de fabrication que vous m’aurez fixé. » (PF à L – 10 janvier 1913).

Remarque : Un contrat d’exploitation lie Lauer et Follot pour 5 ans, et la mention « dessin de « Paul Follot » déposé » doit toujours être tissée dans la lisière.

Commandes :

*Lampas de soie Zig-zags… ombré vert, métal noir et mauve sur fond vert (54 de largeur), sur fond violet, sur fond bleu (n° 21 670 à 21 703 – 10 février 1913).
J’ai bien reçu l’échantillon que vous m’avez envoyé ; voici mes réflexions à ce sujet : Le fond est devenu plus intense et du coup les fleurs, plus intenses également, sont devenues criardes ; l’ancien ton des fleurs, que je trouvais trop enterré avec le vert de l’ancien fond, se trouvera, je crois, ressortir suffisamment sur le nouveau. Je vous prie donc de marcher définitivement avec le nouveau fond vert et l’ancien ton mauve des fleurs ». (PF à L – 30 juillet 1913)

Remarque : Ce tissu est destiné à la chambre à coucher qui Follot 23 Les feuilles 1sera exposée au Salon d’Automne en novembre 1913. Cependant, il semblerait que l’usine de Lauer, à Puteaux, soit trop lente pour les délais imposés par Follot. Sur les 10 mètres commandés, 3 sont livrables après bien des réclamations pour l’ouverture du Salon, le 6 novembre. Ce problème des retards dans la fabrication sera un sujet récurrent de la collaboration avec les établissements Lauer, avec une crise grave en novembre 1917.

*Lampas de soie vert, noir et mauve… 12 mètres (n° 20 547 – 12 janv. 1914).

Remarque : Et puis c’est la rupture en avril 1921. Lauer a fourni un lampas de soie bleu, pourpre et argent, dont Follot trouve la mise en teintes « pas réussie du tout ». Il trouve que « la tonalité générale en est trop bleue et ne s’harmonise pas du tout avec les meubles en amboine » auxquels ce lampas est destiné. (avril 1921)Follot 20 Les Coquillages 1

2 réflexions au sujet de « Le roman de Paul Follot (Suite 39) »

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  2. Bonjour

    J’ effectue un travail de recherche sur la maison d’orfèvrerie LAPPARRA pouvez vous m’indiquer ou avez ou eu les informations concernant l’exposition de 1932.

    Bien cordialement

    G.GADIFFERT

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