Le roman de Paul Follot (Suite 33)

1. Grand Tapis de Follot

Chapitre 33

Les tapis de Paul Follot

 12. paul-follot-tapis-rectangulaire    On a un peu oublié aujourd’hui, que les tapis de Paul Follot connurent un grand succès en leur temps, tant dans le cadre de Pomone, notamment autour de 1925 où il sut les faire approcher de la perfection, en trouvant un équilibre les couleurs, leur harmonie, le souci constant du détail et ce thème floral qu’il renouvelle depuis le début du siècle dans chacune de ses créations. Il faudra attendre un Lurçat, Raoul Dufy ou Christian Bérard (dans la production de ce dernier pour Jean-Michel Frank), pour rencontrer autant d’originalité dans l’art de la composition en laines. Entre avril 1920 et décembre 1921, Follot a gagné près de 100.000 fr. d’alors (soit environ 300.000 euros), uniquement avec ses tapis ! Cela aurait dû considérablement l’enrichir, si la fabrication en France de pièces aux points noués ne revenait très cher…

2. Projet tapis.3

Pour les raisons de ce succès, elles sont à chercher dans son exigence en la matière, comme pour tout le reste d’ailleurs, ainsi que le haut niveau de qualité de son travail, qualité qui s’était perdue, au siècle dernier, dans l’art tapissier français. Il retrouva l’esprit du tapis, tel que les Orientaux ou les Chinois le concevaient. Non pas, en les imitant, mais en adaptant leurs formes à l’esprit du monde moderne occidental. D’abord, il revenait au procédé traditionnel du point noué, beaucoup plus fin cependant que ce qui se pratiquait d’habitude, même en Orient ; puis en y introduisant une valeur assez négligée jusqu’alors en France : la couleur ! Follot fut un grand coloriste et ses œuvres en laines en sont la preuve. Il voulait que ses tapis soient la traduction exacte des modèles, essentiellement des gouaches, qu’il soumettait à ses fournisseurs.4. Bureau tapis planète1

Dans une lettre qu’il écrit en mars 1922 au tisserand, Marcel Coupé, il s’en explique : « La première impression, donnée par la tirelle (échantillon) que vous m’adressez, n’est assurément pas désagréable, mais ce n’est pourtant qu’une adaptation adroite mais approximative de la peinture que je vous ai remise. Si vous voulez bien prendre la peine de comparer un par un ses tons à ceux du modèle, vous constaterez qu’ils en diffèrent tous sensiblement et que quelques-uns sont franchement différents. Il y a donc lieu de les remplacer presque tous, et de ne pas utiliser, comme on l’a fait, un seul et même ton là où le modèle en comporte plusieurs variétés. Et d’abord, le gris du fond est légèrement bleuâtre, alors que dans la peinture il est plutôt rosé. Ensuite dans la peinture, les fleurs en général et les grands boutons de fleurs fermés – indiqués « rose pourpre et grenat » en particulier -, sont d’une couleur plus vibrante que le reste. » (PF à Marcel Coupé – 9 mars 1922) Il en profite pour rappeler que ses tapis ne sont pas « une adaptation d’un modèle peint, mais une reproduction exacte de ses peintures, pour lesquelles chaque ton a été longuement recherché et fait partie d’une mise au point minutieusement étudiée. »

KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA

    Son exigence se traduit dans une façon de travailler presque sur mesure, en n’hésitant pas à faire et défaire l’ouvrage sur la lisse pour donner satisfaction au client. On en a la preuve avec le grand tapis Nocturne pour Mr. Bonabeau : un essai malheureux, car ce dernier a d’abord voulu qu’il soit tissé avec un fond gris clair, avant de changer d’avis et opter pour un bleu foncé, car « cette couleur accentue davantage le contraste avec les ornements vieil or, pourpre et amarante de sa bordure ». Ou encore, lorsqu’il explique à un fournisseur, prétextant d’un trop grand nombre de difficultés pour atteindre le résultat escompté : « Si vous mesurez la difficulté avec un dessin clair et une harmonie en six tons seulement, vous pouvez vous figurer qu’elle deviendra insurmontable, quand je vous donnerai à fabriquer des compositions touffues, comprenant entre 50 et 80 tons».6. Tapis La joie

    Exigence extrême qui n’est pas toujours comprise du public. La clientèle bourgeoise de l’avant-guerre ne voit encore dans le tapis qu’un détail du décor, au mieux un rappel du « confort » britannique. Le tapis persan était la référence absolue, comme le lui écrit le 25 novembre 1920, l’industriel sucrier Frugès : « Nous étions tous deux bien d’avis que la beauté du tapis d’Orient réside dans l’union intime de leur unité et d’une luxuriante variété. Et voici que vous m’annoncez, dans votre dernière lettre, qu’il n’y aura que 4 motifs différents sur mon tapis… Jugez de ma désillusion ! »

Tapis de Jules Coudyser

Tapis de Jules Coudyser

Certes, les manufactures françaises ont compris qu’il fallait lâcher le style traditionnel pour travailler de plus en plus pour le tapis moderne, en faisant notamment appel à des artistes comme Jean Freyssinet, Jules Coudyser, Édouard Bénédictus, Jane Lévy, Da Sylva-Bruhns, Pierre Legrain, Emile Gaudissart… lesquels proposaient des décors sobres, bien construits, dans une gamme de coloris francs qui séduisait la nouvelle clientèle ; mais les préjugés de l’élite ont la vie dure. Aussi Follot défend sa conception en pédagogue et historien de l’art, qui sait que la partie n’est pas gagnée : « Votre affirmation relative à la variété continue des motifs dans les tapis d’art, répond-t-il à l’industriel bordelais, est tout à fait erronée : qu’ils soient d’Orient, de Chine ou de la Savonnerie, la plupart des beaux tapis présentent, au contraire, des motifs semblables et répétés – et non pas tous les 3 mètres comme celui que je vous propose, mais souvent tous les mètres et même tous les 30 centimètres. » (PF à AF – 3 décembre 1920)

Tapis de Jules Coudyser

Tapis de Jules Coudyser

    Pour lui, le tapis moderne doit se démarquer des créations des Gobelins, la Savonnerie ou Aubusson, qui ont traité dans la laine des motifs conçus pour le marbre, la pierre, le bronze ou le bois : « avec une recherche constante du relief en trompe-l’œil, au moyen de lumières et d’ombres méthodiquement simulées ! » Pourtant, comme me le fait remarquer sur mon blog <leopold-diego-sanchez.com> un passionné de tapis: sa façon de penser celui-ci reste « complètement française et héritée du 19e siècle, notamment en gardant l’approche du carton de peintre et au mépris de la liberté d’interprétation du tisserand (une des forces du tapis d’Orient classique est de donner l’illusion d’une multitude de couleurs, alors que généralement il en comporte moins de 10. Ce n’est jamais le cas chez Follot.) » (JM. de Noronha).

    Traditionaliste, ou plutôt à la recherche d’une voie de « transition » entre la tradition française du tapis et les vrais novateurs – « Paul Poiret,  avec l’atelier Martine en 1911, Paul Iribe et le groupe des décorateurs de la Maison Moderne qui a exposé au SAD en 1912, le couple Eileen Gray et Evelyn Wyld, Pierre Chareau et Lurcat, Marie Cuttoli à partir de 1925, Sonia Delaunay… » (JM de Noronha) -Follot a fait aussi œuvre de modernité. Sur le plan esthétique, en proposant de nouveaux cartons mieux adaptés aux intérieurs de son temps; technique, en pratiquant le « retaillage » aux ciseaux afin d’éviter l’aspect trop mécanique du tissage traditionnel (lequel donnait aux œuvres des grandes manufactures «un côté velours ras, parfaitement imprimé»). Sa position dans la modernité est cependant « bâtarde », du fait que, décorateur avant tout (et décorateur de la « vieille école » 1900), il est tributaire du contexte dans lequel ses tapis vont être placés.  Ne pas posséder les éléments du décor, comme ce sera le cas lorsqu’il les propose dans les grands magasins, Pomone, DIM, Waring & Gillow, réduira considérablement leur qualité esthétique et fausse aujourd’hui notre jugement à son égard. Tant qu’il travaillait pour une clientèle privée et fortunée, malgré ses exigences à mettre au compte de sa vulgarité et du manque de discernement de son goût (et peut-être justement pour ces raisons), Follot a pu donner la mesure de son talent. Ramené au public des Grands Magasins, au commerce donc! Il devient platement « bourgeois » et se fond dans la masse des créateurs ordinaires de la Maison Française. A quelques exceptions près, son heure est passée. Ainsi, on est moins convaincu devant les versions des tapis La Joie ou Songe dans le catalogue de vente de DIM, ou par les créations géométriques, moins originales, parce que dans la ligne d’un « Art Déco » international, pour la firme anglaise Waring & Gillow. Sa position deviendra de plus en plus intenable avec le temps, à mesure que l’on s’approche des années 30, et prendra valeur de réponse à ce qu’il écrivait, en octobre 1920, à son fournisseur Mr. Noël: « Je suis un Artiste avant d’être un marchand et je tiens à ce que mes pièces soient exécutées avec une fidélité et une réussite industrielle égales à la qualité des modèles peints : Si je ne puis obtenir ce résultat, la question d’une collaboration ne m’intéresse plus. En d’autres termes, ou j’obtiens des tapis parfaits comme exécution et comme expression de mes maquettes, ou bien je renonce à les faire exécuter chez vous». En sera-t-il ainsi par la suite?

Tapisserie de Bénédictus

Tapisserie de Bénédictus

  Paul Follot savait pourtant le risque, pour les tapis modernes, si les nuances ne sont pas strictement respectées, que les couleurs deviennent dures et criardes « et ne rendent plus du tout cette atmosphère nocturne et mystérieuse qui en font des œuvres à part entière »… De même, quand la laine frise, qu’elle leur donne un côté « Astrakan » qui sent par trop le rustique ;ou encore lorsque, trop régulièrement taillée, elle prend un aspect mécanique et commercial : « Il faut absolument arriver, écrivait-il encore à Mr. Noël, à donner le plus de vie possible au dessin, en mettant un peu plus d’intérêt à l’exécution. Le retaillage aux ciseaux doit ainsi souligner les motifs et rendre plus mouvante la surface du tapis. » Les tapis de Paul Follot n’étaient-ils pas, comme il le déclarait un jour à la baronne Maurice de Rothschild, directrice d’un atelier de tissage entre les deux guerres : « Non un détail dans la décoration intérieure, mais de vrais tableaux pour le sol ! » Cette dernière n’aura d’autre solution, que de commander aux ouvrières de sa manufacture d’oublier la gamme des coloris, dont elles disposent sur le métier, pour traiter les pièces qu’il leur confie en artistes, avec une « palette libre », et en cherchant à se rapprocher le plus possible de la gouache originale.9. Tapis Songe

    Ce n’est pas toujours possible et certains de ses fournisseurs lui font remarquer qu’il ne se donne pas toujours les moyens d’un vrai travail sur mesure, comme le pratiquent d’autres décorateurs, un Ruhlmann par exemple ou un Jean-Michel Frank : « Les différences de tons que vous nous signalez proviennent malheureusement de la différence existant entre votre peinture et la gamme limitée de coloris que vous remettez, en même temps (…) J’en relève deux ou trois exemples en passant : – Un ton vieux rose référencé 52 sur votre peinture, et qui porte le numéro correspondant sur la gamme, est franchement différent. – Le cœur cramoisi d’une des grosses fleurs, n’est pas numéroté et, de plus, n’existe pas dans la gamme que vous nous remettez. – Dans votre fond, vous avez des feuilles gris moyen et gris clair qui ne sont ni numérotés, ni référencés sur notre gamme de coloris, etc, etc… » (MC à PF – 11 mars 1922)
8. Jules Coudyser 4    Pour le tapis Bagatelle, Follot se plaint encore auprès de la baronne-tisserande: « Si le principe, entre nous établi au départ, de me soumettre chaque fois un échantillon pour avoir mon approbation, n’est pas appliqué rigoureusement, nous n’arriverons qu’à des mécomptes artistiques et des déboires commerciaux, car mes clients sont en général des gens de goût qui n’acceptent pas des à peu près ! » A la suite d’un premier essai en couleurs pour le tapis Volutes, il signale encore à cette dernière au moment de la mise en carte du dessin : « le coloris n’est pas conforme au modèle qu’il lui a fourni : le rouge est moins clair et moins frais, le gris semble plus charbonneux, les ocres faibles… » (PF à BR – mai 1922)

130.Projet tapis.2    L’envoi d’une gouache de Paul Follot est toujours accompagné de nombreuses observations précisant qu’il faut se conformer « le plus strictement possible » aux motifs et aux nuances du dessin. Ce dernier peut se présenter à la taille réelle, soit à l’échelle quand le tapis est trop grand. Ainsi, pour le modèle « Bagatelle », il a été fourni à la grandeur de la mise en carte sur laquelle travaille l’ouvrière de l’atelier Rothschild, soit 150 pour 255 (taille réelle). Il souligne d’ailleurs, dans son envoi, qu’il « préfère travailler de beaucoup en grandeur nature, car cela lui permet de se rendre compte, de façon plus exacte, des qualités et des défauts du dessin. » (PF à BR – 26 mai 1922) Les modifications ou les retouches de dernière minute entraînent un nouvel état du projet original, généralement exécuté en peinture par l’atelier Schenk. Ce qui retarde le travail du lissier de trois jours au moins… A quoi, il se doit d’ajouter les délais d’importation de laines brutes, les opérations de dessuintage et lavage, filature et teinturerie, tissage à la main, ciselage et mercerisage, retorderie du coton pour les chaînes. Tout cela allonge de plusieurs semaines le délai de fabrication d’un tapis et augmente son prix de vente (Voir en fin de chapitre le prix des pièces exposées au Pavillon de Marsan de 1922)…

13. Paul Follot  On comprendra aisément que face à ce problème, Paul Follot ait essayé de laisser tisser ses tapis à l’étranger. En avril 1920, il est en relation avec la fabrique Duffaud & Ducrocq, à Rabat, manufacture indigène de tapis marocains, pour y faire réaliser quelques modèles. Ce qui ne va pas sans difficultés : la main d’œuvre locale étant également la prisonnière d’habitudes ancrées, qu’il faut changer. « Je pense, lui écrit Jacques Duffaud, que nous pourrons arriver à un résultat très intéressant, quand nous nous serons assurés d’habiles ouvrières arabes »… Et cette explication à mettre au compte d’un capitalisme colonial : « Car nous voulons leur inculquer les principes du travail, tel que les Persans l’ont employé jusqu’à ce jour ; c’est-à-dire, points très serrés, très grande densité de laine, teinture strictement végétale » (JD à PF – 24 mai 1920). La tentative marocaine va échouer, car cette manière de travailler ne correspondait pas à la tradition du tapis berbère.14. Carpette Gillow 3
En avril 1930, il tente un nouvel essai à Hanoï (Indochine), avec l’entreprise Texor, dont il a fait connaissance avec le PdG sur le paquebot qui l’emmenait vers la Thaïlande. L’éloignement, la difficulté d’obtenir un bon résultat sans la présence d’une autorité compétente sur place, les frais élevés des transports depuis l’Asie… tout cela va faire qu’il abandonnera bientôt.
5. Carpette florale1En 1933, la mise en vigueur d’une nouvelle réglementation commerciale entre la France et le Maroc, va l’engager à un bis repetita dans ce pays, avec la manufacture de tapis marocains, G. Tabouriech & Cie. Mais les mêmes difficultés surgissent : droits de douane encore trop élevés (malgré les accords commerciaux) ; frais de transport importants (plus de 5.000 Frs. pour un grand tapis) ; manque de rigueur dans le travail à partir du modèle peint… « En cette époque de difficulté économique, quelle entreprise accepterait de passer beaucoup trop de temps sur des projets rapportant peu d’argent ? » (PF à GT – 26 octobre 1933) Dès le départ, ces tentatives de sous-traitance étaient vouées à l’échec. Comme si, trop investi dans sa vision du tapis, Follot n’avait pas voulu se rendre compte qu’il était impossible de gérer de loin un travail requérant des dizaines de nuances de teintes et de subtilités techniques.

Note: Les tapis de Paul Follot seront signés, à partir de 1922, dans un coin du dessin.

La suite, le 23 avril, avec : 16. paul-follotLa fin des roses ou l’épisode Waring & Gillow…


Fiche technique :

Les Tapis de Follot à l’Exposition de 1937

* Téhérantissé par la Maison Pinton & Frères (36, Rue des Jeûneurs – Paris) en août 1937 (coût de fab. : 6.100 fr.).

4 bis.Tapis Zodiaque* Les Signes du Zodiaque tissé par la Manufacture Tabard à Aubusson, sur un carton de Mme Germaine Labaye qui a nécessité 107 heures de travail. Chaque signe du zodiaque a donné lieu à une mise en couleurs à la dimension réelle. Aussi, arrivaient-ils au fur et à mesure chez le manufacturier à Aubusson (22, Rue Alfred-Assollant). D’autre part, le tapis étant rond, il ne pouvait être commencé et fini que par une seule ouvrière en augmentant le nombre de mains avec l’augmentation de la largeur de tissage. Avec un maximum de quatre ouvrières dans la partie centrale de 3,70 m. « Etant donné que nous sommes limités à 6 heures 40 de travail par jour et par ouvrière, j’ai prévu (écrit le chef d’atelier) deux équipes qui se relayeront jour et nuit »… Il faut compter un mois plein pour l’exécution « Il ne faut pas compter que ce tapis puisse être prêt avant fin juillet ». (T à PF – 2 juin 1937).


Les tapis de Follot édités par la Maison Coupé* entre 1920 et 1922

*Manufacture de tapis – 6 Rue Thérèse – Paris VIe, Usines à Bourganeuf (Creuse) et Argentat (Corrèze).

*Bordeaux – Exposé à l’Exposition Franco-Sarroise de Sarrebrück en 1919 (perdu avec le mobilier du stand).

*La Joie – Acheté par M. Brouillat (10 fév. 1920)- 5.500 Frs.
*Bordeaux – Acheté par Edgar Brandt (commission sur affaire).
*La Joie – Acquis par DIM (Décoration Intérieure Moderne).
*La Joie – Boudoir de Mme. Follot (400 x 300).
*La Joie – Acheté par l’État (30 avril 1921) – 5.000 Frs.
*La Joie – Acheté par M. Costa (300 x 200 – 30 avril 1921) – 2.750 Frs.
*La Joie – Acheté par M. Chouard (300 x 214 – 31 mai 1921) – 2.800 Frs.
*La Joie – Acheté par la Compagnie Générale des Transatlantiques pour le paquebot le Paris.
*La Joie – (en stock sur fond réséda).
*Nocturne – (en stock).
*La Joie – Acheté par M. Pinot (200 x 300 – 3 sept. 1921) – 3.000 Frs.
*La Joie – Acheté par M. Schwenk (fond bleu-outremer, 400 x 300 – 2 nov. 1921) – 6.400 Frs.
*Bordeaux – Acheté par M. Costa.
*Bordeaux – Acheté par le Dr. Grigaut.
*Bordeaux – Acheté par M. Bonabeau (fond vert émeraude).
*Brocéliande – Acheté par M. Chouard (320 x 220) – 8.000 Frs.
*Volutes – Acquis par DIM (Décoration Intérieure Moderne).
*Volutes – Acheté par M. Bonabeau (fond bleu).
*Nocturne – Acheté par M. Bonabeau.
*La Joie – Acheté par M. et Mme.Digne (440 x 360 – 20 oct. 1921) – 8.800 Frs.
*Nocturne – Acheté par M. Schwenk.
*La Joie – Acquis par M. Rozier  (322 x 220, forme ovale) – 3.000 Frs.
*La Joie – Acheté par le Dr. Manceaux (350 x 250) – 5.300 Frs.
*Volutes – Acheté par M. Herrera.

NB: On constate le succès des tapis La Joie et Bordeaux; d’autre part, que les clients achètent plusieurs modèles. Paul Follot édite ses tapis (le modèle La joie, en particulier) dans différentes catégories : A, B, B², C, D, E… qui correspondent à des variantes de coloris, de dimensions et aussi de qualités. Entre avril 1920 et décembre 1921, il a gagné autour de 100.000 Frs (de 1920)… soit environ 300.000 euros.

Il faut ajouter à cette liste, les modèles :
*Lahore – Acquis par le Musée des Arts Décoratifs (Pavillon de Marsan de 1921).
*Moderne – Acheté par la Compagnie Générale des Transatlantiques pour le paquebot le Paris.

*Bagatelle – (370 x 355) – 6.000 Frs.
*Treillages – Acheté par M. Costa.
*Automne – Acquis par DIM (Décoration Intérieure Moderne).

Et, à partir de 1923…
*Cordelières.
*Séville.
*Ile Bourbon.
*Séléné.

Remarques : Pour les tapis destinés aux paquebots, la Maison Coupé envoie ses équipes au Havre pour ajuster la pose ou mettre à l’essai des projets, maquettes, etc. Marcel Coupé expédie également au Brésil le modèle La Joie pour client Mr. Viriato de Medeiros (16 mars 1921).


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Prix des 23 tapis de Paul Follot exposés au Pavillon de Marsan en 1922

*La Joie, beige et rouge (300 x 400 – 12/18 pts.)-6.950 fr.
*La Joie, fond vert (300 x 400 – 12/18 pts.)-6.950 fr.
*La Joie bleu et ocre (365 x 440 – 16,06/18 pts.)-8.800 fr.
*Bordeaux (250 x 350 – 8.75/ 18pts) – 5.075 fr.
*Automne (390 x 330 – 12.87/18 pts.) – 6.000 fr.
*Brocéliande (390 x 303 – 11.70/18 pts.) – 12.600 fr.
*Bagatelle (360 x 360 – 12.95/20 pts.) – 10.500 fr.
*Nocturne (240 x 340 – 8.16/22 pts.) – 7.800 fr.
*Ile Bourbon (290 x 360 – 10.45/24 pts) – 11.300 fr.
*Lahore (420 x 520 – 21.84/18 pts.) – 12.650 fr.
*Séléné (256 x 402 – 10.29/18 pts.) – 5.500 fr.
*Éleusis (435 x 630 – 27.40/20 pts.) – 15.500 fr.
*Volutes (260 x 305 – 7.93/18 pts.) – 4.500 fr.
*Septembre (240 x 240 – 5.76/18 pts.) – 4.350 fr.
*Cadix (155 x 350 – 5.11/20 pts.) – 3.500 fr.
*Octobre (150 x 240 – 3.60/22 pts.) – 3.250 fr.
*Songe (186 x 300 – 5.58/24 pts.) – 6.000 fr.
*Souvenir (186 x 300 – 4.46/20 pts.) – 3.000 fr.
*Volutes (134 x 200 – 2.68/20 pts) – 1.500 fr.
*Séville (166 x 319 – 5.29/20 pts.) – 3.700 fr.
*Cadix (85 x 190 – 1.61/20 pts) – 1.200 fr.
*Bordeaux clair (163 x 250 – 407/24 pts.) – 4.800 fr.
*Tenture murale en damas Gerbes de fleurs … vert et pourpre (en 130 cm. de largeur – 135 fr. le mètre).

Note: Le salaire de base en 1922 est de 950 fr par mois pour un instituteur ; 2 fr. 50 à 3 fr. la journée pour un ouvrier ; 1 fr. 50 franc de l’heure pour les femmes et 1 fr. 75 pour les hommes pour une aide ménagère. Le prix du pain est de 1 fr.58 le kilo (Wikipédia). Le tapis La Joie de Paul Follot coûte 8.800 fr (l’équivalent d’un an de salaire net d’un instituteur). Un paravent en laque de Jean Dunand, 27.000 fr. en 1936 (soit trois ans de salaire net d’un instituteur en 1922 et environ 70.000 € de 2011).

 

Collaboration avec la manufacture Schenk* entre 1914 et 1922…

* Atelier de tissage mécanique à Mouy (Oise) spécialité Savonnerie et tapisseries 8, Rue Vaveix à Aubusson. Dépôt légal : 11 bis rue du Beaujolais à Paris, IXe.

– La maison Schenk a fourni entre autres le tapis du bureau de Mr. Mondor (janv. 1914).

2 réflexions au sujet de « Le roman de Paul Follot (Suite 33) »

  1. Bravo,
    Voilà plein de détails introuvable ailleurs qui montre comment Follot abordait le tapis et qui explique aussi pourquoi il n’est pas perçu comme un moderne. Son exigence avec le rendu des laines est un héritage des techniques des manufactures royales des Gobelins ou des Savonneries. Toute personne ayant vendu des tissages en laine sait que les variations de bains de teinture altèrent le rendu final et que la production d’un échantillon ne peut pas donner la même sensation que le tapis final. Cela rendait inévitablement la situation intenable pour Follot et cette exigence l’enfermait dans un modèle économique élitiste et limité dans le temps. Après la crise de 1929, les tapis de Follot ne seront plus que des exceptions pour ces raisons. Les choix stratégiques de Follot d’offrir le meilleur du tapis au marché est comparable à celui de Mme. Cuttoli qui va chercher à rénover la tapisserie (et dans une moindre mesure le tapis) française en introduisant des cartons d’artiste contemporains à Aubusson.

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