Le Mystère de Rennes-le-Château

Quinzième aventure

David Olive aux prises avec le surnaturel, ou comment, au cours d’un reportage dans la région Midi-Pyrénées, il fait connaissance avec l’abbé Saunière et tente de lui arracher son secret.

    A la sortie de Carcassonne, on a pris la D118 en direction du Sud. Au bout d’une quarantaine de kilomètres, on traverse la petite commune de Couiza : une poignée de maisons grises alignant en bordure d’une rue déserte, des carreaux aveugles et des façades barbouillées d’ennui. Je me suis toujours demandé, où étaient les habitants de ces petites communes dans certains coins perdus de France. Le cimetière et le monument aux morts sont peut-être des indices de réponse. Il faut continuer un peu sur la départementale, avant de prendre à gauche une route qui grimpe en lacets le long d’une colline. On roule bientôt sur une sorte de plateau, où la pierraille se dispute le vent, avant de bifurquer de nouveau à gauche, en direction d’une petite éminence. Encore quelques kilomètres de virages et on atteint un village, ou plutôt un lieu déconstruit, sans ordre, où il manque aux maisons, aux lieux, aux rues, ces repères topographiques qui les ancrent dans la réalité. Une agglomération qui flotte dans l’espace et le temps, perdue, vacante… On est à Rennes-le-Château.
J’aurais longtemps continué d’ignorer jusqu’à l’existence de cet endroit, si le hasard ne m’y avait conduit un jour (ce que je raconte plus loin) et fait faire la connaissance de son maire, lequel est devenu depuis un ami. C’est de lui que je tiens cette curieuse histoire, qui s’est déroulée ici il y a un peu plus d’un siècle, et qui a fait couler beaucoup d’encre. Je veux parler de l’affaire de l’abbé Saunière.

    Bérenger Saunière est arrivé un soir de juin, comme dans les récits extraordinaires, après un de ces violents orages qui accompagnent souvent les premières grosses chaleurs, dans le midi. Le nouveau curé avait trente-trois ans et ce n’était pas son premier poste. Son affectation dans ce trou perdu est à la fois une brimade et aussi un retour au pays. Il était l’aîné d’une famille de Montazels, une commune toute proche. L’abbé Saunière ne cache pas ses sympathies pour la droite conservatrice, et il l’a trop fait savoir là où il exerçait précédemment son ministère. Cela n’a pas plu à sa hiérarchie, aussi on l’a renvoyé à la misère d’où il était sorti. Il est pauvre ! Pour preuve, il a gravi à pied le chemin escarpé qui mène au village, depuis la vallée audoise. La diligence a dû le laisser en bas, à Couiza, au mieux à Espéraza : ce qui fait une sacrée trotte jusqu’ici. Pour tout bien, il tient d’une main son gros parapluie, de l’autre une mallette dans laquelle il a rangé ses affaires personnelles et quelques objets liturgiques. Elle n’a pas dû lui sembler bien lourde en montant, si l’on en croit le gabarit du gaillard : il dépasse le mètre quatre-vingt, ce qui est peu fréquent pour l’époque, avec des épaules plus faites pour endosser le maillot de rugby que la soutane, laquelle a récolté toute la boue du chemin. Mais la pauvreté ne regarde pas toujours où elle passe…

    Ses débuts sont plutôt difficiles. Les gens de l’endroit ne sont pas du tout calotins. L’église et sa cure sont quasi des ruines et, ce qui n’arrange pas les choses, il prononce devant une poignée de fidèles, quelques jours après sa venue, un sermon que certains estimeront un peu trop teinté de couleur politique… On ne se refait pas ! En tous cas, pas de ces propos qu’on qualifierait ici de « bonne parole chrétienne». On est dans le midi- traditionnellement de gauche libérale -, en milieu rural de surcroît ! Bref, on va vite faire comprendre à Monsieur le Curé, qu’il n’a rien à attendre de bon, s’il persévère dans cette voie. Aussi, en dehors des devoirs de son ministère, il va occuper son temps comme ce peut. Sur ses maigres appointements, il a pris une servante : une belle fille du pays qui s’occupe du ménage et lui mijote son fricot. Et, comme il est entiché d’archéologie, il s’est mis à gratter le sol autour de son église et du petit cimetière adjacent. L’endroit est intéressant, et en particulier le plateau qui s’étend alentours. Il a lu, dans un vieux numéro d’Archaeologia oublié au fond d’un tiroir par son prédécesseur, que là se trouvait jadis la frontière naturelle entre l’ancien royaume vandale d’Espagne et la Gaule franque. Sans avoir à creuser beaucoup, l’abbé avait trouvé quantité de menues pièces en fer et en cuivre, de vieux clous rouillés et de tessons d’argile cuite, qu’il se proposait de rassembler un jour pour former, ce qu’il voyait déjà comme le futur musée de Rennes-le-Château.

    La vie de l’abbé Saunière se déroula ainsi durant plusieurs années, sans qu’on n’y vît rien qui méritât d’être signalé : il accumulait, sous la pergola de son jardinet, les vieilles pierres et les bouts de ferraille ramenés de ses expéditions sur le plateau ; la fréquentation de l’office n’offrait aucune surprise : mis à part à Noël et pour Pâques, elle était d’une platitude constante ; Marie Dénardaud, sa servante, prenait par contre du volume… Lorsqu’un jour, sous prétexte qu’il en a marre de voir la pluie filtrer à travers les tuiles de l’église, il engage une société de travaux de Limoux pour la relever. Mais il n’en reste pas là ! Il fait bientôt bâtir à la place du vieil autel humide un tout neuf, en marbre, dans le goût du jour ; puis, remplacer les carreaux cassés des fenêtres par des verres de couleurs, animés de belles scènes de l’Évangile ; et installer une chaire d’un beau bois, tout sculpté ; et arranger les abords du sanctuaire, en faisant aménager une placette avec un kiosque pour se reposer en écoutant de la musique ; et dresser des statues ; et une fontaine ; et enfin un calvaire devant le porche de l’église…
Tout cela fait naturellement jaser. On murmure dans son dos, que le curé aurait touché un héritage. Mais, on a beau se trouver dans le coin le plus reculé du monde, on sait ce que valent les choses et que la famille Saunière ne pouvait pas avoir laissé assez pour couvrir de telles dépenses. D’ailleurs, on a envoyé discrètement quelqu’un à Montazels, qui en est revenu en disant que la famille Saunière y vivait toujours au grand complet, et encore plus pauvre que par le passé. Est-ce que Monsieur l’Abbé aurait obtenu une subvention pour relever sa cure ? Pensent alors certains… Mais de qui ? de Paris ? Le maire le saurait… L’évêché ? La question, habilement glissée par l’adjoint à l’oreille de l’évêque, s’est soldée par un farouche démenti.

    Comme si cela ne suffisait pas ! Le curé de Rennes-le-Château s’est mis à acheter une importante superficie de terrain autour, où il se lance dans des travaux dispendieux qui ne laissent pas, aujourd’hui encore, de nous surprendre : il fait construire un superbe presbytère, qu’il baptise pompeusement la Villa Béthania. Un pavillon cossu, parfaitement incongru au milieu de ces montagnes, tout comme le style sulpicien qu’il adopte pour son intérieur, et qui ne déparerait pas celui d’une coquette sous-préfecture. Un jardin d’agrément avec son bassin, une tour néo-gothique nommée Tour Magdala, qui lui sert à la fois de bibliothèque, de fumoir et de vistador où il peut admirer le massif des Corbières et les contreforts des Pyrénées, installé dans un profond fauteuil. Car, bien entendu, tout cela est luxueusement aménagé, avec des peintures à la fresque, des tableaux, des statues, des pelouses, des serres, et même une niche avec un singe ouistiti… On comprend que les imaginations de ses pauvres paroissiens qui, pour certains, n’avaient peut-être même jamais vu les remparts de Carcassonne, aient été fortement frappées.

    Et puis, l’abbé mène grand train ! Le rhum qu’il sert à ses invités vient directement des îles, par caisses ; et il n’est qu’un des fleurons de sa cave, où dorment quelques grands crus, soigneusement étiquetés à la main. A sa table, se succèdent personnalités locales et notables de la région, dont la présence ne passe pas inaperçue à Rennes-le-Château. Il est abonné aux journaux toulousains et reçoit régulièrement des revues de Paris, envoyées par la poste. Et, sous le prétexte que ça se fait dans les clubs anglais, il les fait brocher avec des dos en cuir, par un artisan-relieur qui est installé à la Villa Bethania, le temps de son travail… Bref ! Bérenger Saunière vit dans son bled, comme un bourgeois nanti de la capitale. On raconte même que Marie Dénardaud serait devenue sa maîtresse. Il faut dire qu’on a connu bonnes de curés plus liantes et que Marie n’a pas de contacts avec les gens du village : Bonjour ! Bonsoir ! lorsqu’on la croise… et encore ! Elle ne sort pas beaucoup.

    A force d’entendre dire qu’un de ses administrés mène une vie de cocagne dans son diocèse, qu’il y reçoit des têtes couronnées (on parle du comte de Chambord), des célébrités comme la cantatrice Emma Calvé, férue d’ésotérisme, le compositeur Claude Debussy… l’évêque finit par mettre le nez dans les affaires de Bérenger Saunière. Ses premiers ennuis avec sa hiérarchie, l’abbé va les avoir dès 1909. Convoqué à l’évêché pour s’expliquer, il est suspendu temporairement de l’exercice du culte, avec autorisation spéciale de demeurer dans sa cure. L’enquête épiscopale a dû plaider en sa faveur puisque, quatre ans plus tard, il est rétabli pleinement dans ses fonctions. Il aurait porté l’affaire à Rome, qui avait alors d’autres chats à fouetter : on était en pleine crise avec la France, suite à la loi de « Séparation de l’Église et de l’État ». Puis vient la guerre, et le climat n’est plus aussi favorable aux querelles religieuses, tout comme aux comportements sortant de l’ordinaire. L’espionnage est la nouvelle hantise des bonnes gens. On se chuchote dans le village, que le curé accueillait des hôtes étrangers au temps de sa magnificence ; que lui-même, à diverses reprises, s’est rendu chez l’ennemi. On parle de billets de train pour la capitale autrichienne, d’amis puissants qu’il aurait eu là-bas ; d’un mystérieux compte en banque, on ne sait où, qui l’aurait obligé à se déplacer régulièrement pour retirer des fonds…
La rumeur n’empêche pas l’abbé Saunière de se lancer dans des nouveaux travaux. En dépit de la guerre et des restrictions, il commande des devis, dresse des plans, envisage sur sa propriété la construction d’une nouvelle tour, qui doit faire pendant avec la Tour Magdala. Elle devrait même, dit-on, la dépasser en hauteur. Les ouvriers sont à l’œuvre, ce matin du 17 janvier 1917, lorsque sa servante le découvre, étendu sur le dallage glacé de sa bibliothèque, terrassé par une hémorragie cérébrale. Une semaine plus tard, on l’enterre dans le petit cimetière attenant à l’église.
Il laisse par testament tous ses biens à Marie Dénardaud. Plus jeune que lui de seize ans, et qui va occuper désormais le presbytère, pas tout à fait seule, car elle s’est adjointe les services d’un homme de charges. Discrètement, elle lui aurait confié le soin de vendre, pièce après pièce, meubles, livres et bibelots… jusqu’en 1953, où elle décède à son tour à l’âge de 85 ans en laissant à ce compagnon, avec qui elle vivait sans doute maritalement, les biens qui lui venaient de l’abbé. Noël Corbu (c’est son nom) installe alors un restaurant dans la villa du curé, et il commence à raconter son histoire à ses clients, en insistant particulièrement sur les moyens de l’ancienne servante, lesquels, d’après lui, ne pouvaient provenir que d’un magot, caché quelque part dans la propriété. Comme il s’est marié officiellement entre-temps, son épouse, Claire Corbu, va même confier à des proches, que les trous creusés par son mari pour le trouver, sont de véritables excavations qui dépassent les trois mètres de profondeur.

    Ces propos tombent dans l’oreille d’un journaliste, écrivain à ses heures, un certain Gérard de Sède, qui en fait un livre, l’Or de Rennes, publié en 1967, et qui va connaître d’autant plus de succès en France qu’on est à l’époque de Planète, la revue dirigée par Louis Pauwels et Jacques Bergier, de la vogue du Matin des magiciens, qu’ils auraient écrit ensemble, et que le goût pour l’irrationnel, un produit dérivé du Deuxième Surréalisme (celui de l’après-guerre, duquel se réclame Gérard de Sède), a remis les énigmes de l’histoire à l’ordre du jour, à plus forte raison quand il y a un trésor à la clef. Pour les émules de Louis Pauwels ou de Barjavel (un autre grand manieur de mystères), il suffirait d’étudier la topographie du lieu pour découvrir la cachette de l’abbé Saunière. Le village de Rennes étant bâti sur un terrain calcaire, tout percé d’alvéoles et de micro-cavités, c’est un véritable gruyère qui s’offre à l’investigation des chercheurs.
Depuis, on a écrit plus de 300 livres sur le sujet ; des centaines de milliers de curieux et de « touristes » ont afflué à Rennes-le-Château. On a parlé de l’impératrice Zita de Habsbourg et, plus proche de nous, de François Mitterrand. Les dénicheurs de trésors ont investi le terrain autour de la Villa Béthania- même si la municipalité a très vite interdit les fouilles ; et aussi les amateurs de toutes sortes d’histoires étranges. Nous avons oublié de dire que l’abbé avait vécu à une époque où occultisme et sociétés secrètes étaient très en vogue. On a raconté, qu’il aurait tiré bénéfice de la possession d’un secret historique, en rapport avec le trône de France ou quelque famille régnante de son temps ; qu’en se livrant à son activité favorite, l’archéologie, il aurait découvert une fortune… On est en pays Cathare. Après le siège de Montségur, en 1243, non loin d’ici, les biens les plus précieux de la secte dissidente auraient été cachés dans une grotte. Est-ce à Rennes-le-Château ? D’autres penchent pour le trésor des Templiers ; pour un butin de guerre abandonné par les Wisigoths ; pour… Que sais-je encore !

    Comme un jeu de piste, le domaine de l’abbé Saunière déroule ses indices. Et ce sont justement ceux-ci qui m’ont frappé, lorsque j’y mis les pieds, au milieu des années 90, comme je l’ai déjà dit : par le plus grand des hasards.

    Je raconte dans un des épisodes précédents (cf. Le Diable s’est arrêté à Sarraza), que j’avais été envoyé dans la région par la direction d’Hebdo Magazine, pour mener une enquête à la suite d’une idée lancée en conférence par notre collègue Glinglin : soi-disant que des gens vivaient encore comme au Moyen Age au fin fond de la France profonde, avec des jeteurs de sorts, des exorcistes et autres pratiques démoniaques. J’avais commencé mes recherches seul, étant donné que je ne savais pas trop ce que j’allais trouver sur place ; et puis, voyant qu’il y avait des éléments intéressants, notamment avec l’affaire de Sarraza, j’avais demandé à mon journal, comme cela avait été convenu avec le rédacteur en chef, d’envoyer un photographe pour illustrer mes propos. En général, l’irrationnel s’illustre assez difficilement, tant dans le domaine du Bien que du Mal. C’est plus facile avec les institutions qui en vivent ! Aussi, quelques photos de l’église où officiait l’abbé Brugey, la croix en fer du XIIIe siècle redressée par le forgeron du village, un portrait de ce dernier et du radiesthésiste Naouri, nous paraissant à tous deux appropriés pour illustrer cette histoire d’exorcisme- je me répète -plus haut contée. Pour le personnage principal, victime d’hallucinations, depuis qu’il s’était livré à un jeu idiot avec une bande de copains, on nous avait signalé un détail curieux de l’église de Rennes-le-Château, qui est à une trentaine de kilomètres de l’endroit où se sont déroulés les faits. A l’entrée du sanctuaire, c’est le démon qui présente l’eau bénite aux fidèles ! Et non les anges, comme le veut la tradition. L’idée de faire poser Jean-Pierre Castagnou devant cette particularité sacrilège, nous avait semblé, à tous les deux, excellente et même, de loin, la meilleure que nous ayons eue depuis longtemps. Le jeune homme ne m’avait-il pas signalé lui-même, qu’il se réveillait de ses cauchemars, sans savoir comment, dans le domaine de l’abbé Saunière, et même en présence de ce dernier, en conversation avec lui : un personnage qui était mort près d’un siècle auparavant ! C’était assez pour nous pousser à nous y rendre sur le champ, afin de juger s’il y avait là de quoi compléter notre reportage.

    J’ignorais alors totalement tout de l’histoire du curé de Rennes-le-Château. Mais, je me souviens qu’en sortant de la voiture, je fus troublé par certains détails qui s’offrirent immédiatement à ma vue. Ce qui me frappa d’abord, ce n’est pas tant le presbytère aux allures coquettes de villa bourgeoise d’un passé révolu, comme j’avais pu en voir au Vésinet, du temps où j’y habitais avec Catherine et Benoît, parfaitement déplacée ici, dans ce pays si tranquille que les renards doivent s’y dire bonne nuit à six heures du soir ; que son calvaire de pierre dressé à l’entrée du cimetière. Il ne montre pas un Christ au visage douloureux implorant le ciel, ou serein et penché vers le sol, comme le veut, là encore, la tradition chrétienne. Non ! Le Fils de Dieu sur la croix tourne la tête sur le côté, comme si quelqu’un venait d’attirer son attention derrière lui (sauf respect), en criant son nom ou en troublant le silence qui s’impose devant cette scène solennelle, pour regarder par-dessus son épaule. Maladresse du sculpteur, me direz-vous ! Si le regard ne se dirigeait, en traçant une ligne oblique, vers une figure de la Vierge érigée non loin de là. Dans le silence de l’endroit, au milieu de l’hiver, j’éprouvais le sentiment bizarre de déranger une conversation à huis clos.
Et puis, il y avait aussi le parvis du sanctuaire. Normalement, toujours exhaussé de quelques marches avant d’accéder à la porte d’entrée. Ici, c’est le contraire : il faut descendre un petit degré pour arriver au portail ; ce qui donne l’impression (mais c’est peut-être le cas !) que l’édifice a été construit sur un terrain enfoncé, un peu en contrebas. Sous le porche en ogive, le visiteur est accueilli par ces mots latins gravés dans la pierre : Terribilis est locus iste… Vous entrez dans un lieu terrible !

    J’allais comprendre pourquoi, après avoir poussé la porte de l’église. On ne nous avait pas menti : le bénitier que je trouvais en entrant, sur ma gauche- un objet de dimension importante -est bien supporté par un démon grimaçant : Asmodée, à la queue de serpent et aux pieds griffus en forme de pattes d’oie. Celui qui, selon la tradition hébraïque, détrôna Salomon, et que ce dernier vainquit finalement et obligea à construire son temple. Par contre, contrairement à ce qu’on nous avait dit, les anges n’en sont pas absents : au-dessus de la vasque, placée entre ses cornes de bélier, quatre chérubins décomposent le signe de la croix, chacun montrant une étape du geste rituel. Contre un pilier, est appuyée une croix pattée (dont les bras s’écartent aux extrémités pour faire penser à des pattes), mais elle est placée la tête vers le bas, ce qui donne des symboles alpha et oméga inversés. Position pour le moins curieuse pour une croix, de surcroît dans une église ! Au-dessus, couvrant le mur qui fait face à l’autel, une fresque- plutôt un bas-relief peint -, représente le dernier repas de Jésus avec les apôtres : la Cène. Là encore, on a pris quelques libertés avec la tradition : la table est montrée de profil, dans sa longueur, les douze apôtres assis autour de la figure centrale du Christ, Judas se penchant pour l’embrasser… Mais sa bourse, au premier plan du tableau, est anormalement importante : c’est un gros sac bourré de pièces qui gonflent sa toile. De toute évidence, elles dépassent très largement les trente deniers reçus pour prix de la trahison ! Tous les symboles chrétiens me paraissent bouleversés dans cette église, à tel point que je me mets à lire, dans le carrelage noir et blanc du sol, une sorte de chemin qui mènerait de l’autel au diable, ou du diable vers l’autel. Qu’a voulu nous dire ici Bérenger Saunière ? Le Bien et le Mal, Dieu et le Diable, la Vie et la Mort… On est loin d’un trésor caché, ou bien justement devant des indices ? D’ailleurs, on peut suivre le dessin du carrelage, à l’extérieur de l’édifice, sur les dalles qui bordent le presbytère, prolonger ses lignes à travers le jardin, jusqu’au pied de la Tour Magdala. Est-ce là que se trouve la clef du mystère, la réponse à la question qui continue de se poser, plus de cent ans après sa mort : d’où venaient les sommes employées par l’abbé Saunière pour se bâtir ce joli domaine ?

    Plusieurs explications ont été avancées par les personnes qui se sont intéressées à son histoire. Il aurait monté avec son frère (lequel était prêtre, comme lui) un trafic d’honoraires de messes et de recueil de dons, à l’échelle européenne. Comment se fait-il que ces opérations financières n’aient pas souffert alors de la guerre? Les frontières étaient soigneusement verrouillées, tout comme les transferts d’argent. On a également prétendu que, pour obtenir des subsides, l’abbé Saunière s’adressait à des amis puissants, partageant ses opinions politiques, peut-être à des dirigeants de groupes royalistes en relation avec des cours étrangères : ce qui expliquerait ses fréquents déplacements ! On a dit aussi que quelques responsables politiques étaient intéressés à la présence, au fin fond de la France, d’un agent secret qui les tenait au courant de ce qui se tramait dans la région, des menées de la gauche : d’où les journaux que l’abbé recevait régulièrement, les visites de personnalités, etc.

Toutes ces théories ne tiennent pas debout. Les fonds alloués à l’abbé Saunière auraient été, d’une part un fait exceptionnel et dont on aurait fini par avoir connaissance, de l’autre par trop démesurés par rapport aux services qu’il pouvait rendre aux intéressés, dans son coin perdu de l’Aude. Non ! Tout cela ne tient pas la route, comme on dit. Surtout, si l’on songe à l’usage de cette manne, qu’une main mystérieuse lui dispensa durant plus de trente ans. S’il s’agissait d’un banal service politique, Bérenger Saunière aurait vécu à Rennes-le-Château comme un bon bourgeois tranquille. Pourquoi ses coups de pied dans le sacré ? Pourquoi le diable sous le bénitier ? La croix à l’envers ? La bourse démesurément grosse de Judas ? La Tour Magdala, au bout d’un plan en échiquier ?

    Et si véritablement- et comme l’avancent certains –l’abbé avait découvert, en retournant la terre, autre chose qu’un simple trésor ? On se perd ici en conjectures.
D’après une vieille tradition, rapportée par les prêtres qui se succédèrent ici avant Saunière, au début de la Révolution, en 1793, la châtelaine du lieu, une certaine comtesse de Blanchefort (dont les ancêtres reposent dans un caveau familial, placé sous l’autel de l’église) aurait fait un bref séjour sur ses terres afin de confier à son curé, l’abbé Bigou, les archives de sa famille qui comptait entre autres un Grand maître de l’Ordre du Temple. Elle lui aurait aussi remis une cassette, contenant des documents de la plus haute importance, qu’elle voulait soustraire aux spoliations révolutionnaires, avant de prendre le chemin de l’émigration. Cassette qu’il aurait soigneusement enterrée quelque part, dans ou autour de son église ; et comme lui-même avait eu des ennuis plus tard, en tant que prêtre réfractaire, il avait dû s’enfuir en emportant avec lui son secret. Était-ce là, la découverte de l’abbé Saunière ? La comtesse de Blanchefort étant une intime de la reine Marie-Antoinette, s’agissait-il de papiers concernant l’héritage de la famille royale, sans conteste la plus riche d’Europe en ce temps, et qui allait disparaître dans les mois suivants jusqu’au dernier de ses membres, à l’exception de Madame Royale ? Dans ce cas, une personne autorisée aura pu donner à l’abbé le conseil d’arrêter ses fouilles et de se taire sur ce qu’il avait trouvé. Il aurait alors passé sous silence sa découverte, moyennant finances : ce qui lui aura permis de vivre agréablement et comme il l’entendait… Pour embrouiller un peu plus l’histoire, je vous signale que le précepteur du comte de Chambord, le dernier prétendant légitime au trône de France, celui-là même qui aurait fait partie des hôtes prestigieux de l’abbé Saunière au temps de sa splendeur, s’appelait Hautpoul de Blanchefort.

    On rejoint alors un autre mystère lié à cette période tumultueuse : le trésor de Marthille. Ce lien, ce n’est pas moi qui l’ait fait, mais un mystérieux correspondant qui me joignait au téléphone, à la suite de la parution dans Hebdo Magazine d’un premier article: le Mystère de Rennes-le-Château. Un personnage un peu farfelu, comme toute cette affaire, que je n’ai jamais rencontré, mais que je peux aisément m’imaginer un de ces amateurs de faits étranges, comme il s’en trouvait régulièrement dans la revue Planète, qui sont à l’Histoire, la grande, ce que les histoires d’alcôve sont à la politique, obsédés par le moindre indice, qu’il ait été prouvé ou pas, pouvant induire que le réel est rempli de fissures, et que c’est dans celles-ci qu’il faut chercher la Vérité. Ce sont par exemple des gens qui prétendront aujourd’hui que les attentats du 11 septembre 2001 n’ont pas eu lieu, et comme ils n’iront jamais à New York, ils ont beau jeu de défendre ce point de vue.
Marthille, me raconta mon correspondant, une petite localité mosellane à une cinquantaine de kilomètres de Metz, avait défrayé la chronique dans les années 20, suite à la découverte d’un certain Gaston Masculier qui serait tombé par hasard, entre les pages d’un livre de messe caché sous un banc d’église, sur un testament de quatre feuilles, datant apparemment de l’époque de la Révolution, et dont la dernière était écrite avec du sang. L’auteur de cette effusion d’hémoglobine y exprimait ses dernières volontés, peu avant son exécution. Chose curieuse, de nombreux passages du manuscrit avaient été remplacés par des chiffres, qu’on devait identifier comme étant le code secret des Bourbon-Condé. De là à supposer que Marthille était l’un des trois lieux, où cette puissante famille avait caché une partie de ses biens, des biens considérables, au moment de quitter la France… D’autant plus que leur héritier de droit n’était autre que le duc d’Enghien, exilé à Ettenheim (dans le duché de Bade) où Bonaparte le fit enlever sous l’accusation de complot, pour le faire exécuter dans les fossés de Vincennes.
Le comte de Chambord avait-il connaissance d’une quelconque relation entre le fief des Blanchefort et la fortune de sa famille ? Dans ce cas, m’assurait mon informateur, il devait également savoir que le duc d’Enghien avait laissé un testament, où il désignait comme légataires de sa fortune sa femme et sa fille en stipulant cependant que si sa descendance venait à s’éteindre, il la laissait à l’Église. Est-ce là ce qui incita les autorités ecclésiastiques à entrer dans la chasse au trésor de Rennes-le-Château ?

    En juin 2001, mon ami Jean-François Lhuillier, sept ans chez les jésuites et trente-deux dans les paras, devenu- par je ne sais quelle opération du Saint-Esprit – le maire de cette petite localité, m’appelait à mon bureau pour me confier que le 14 du mois en cours, une équipe de scientifiques américains, des gens des plus sérieux, commandités par la Fondation John Merril, allait procéder à des recherches approfondies dans l’ancienne propriété de l’abbé Saunière. Je me renseignais aussitôt…
Basée dans le Sud de la Californie, à Long Beach où elle travaillait sous la direction du docteur Eisenmann, professeur de la California State University, la Fondation John Merril était spécialisée dans l’archéologie chrétienne. Elle avait notamment avancé des recherches sur la bibliothèque copte découverte en 1945 à Nag Hammadi (Haute-Egypte), contenant entre autres une série de manuscrits du IVe siècle qui révèleraient, aux dires de certains, un secret terrible pour l’Église et qu’elle aurait jusqu’ici tenu caché. L’auteur du best-seller Da Vinci Code se serait largement servi de ces assertions pour construire son intrigue…
Quel rapport avec Rennes-le-Château ? Pourquoi cette soudaine curiosité scientifique autour du trésor de l’abbé Saunière?
Simplement qu’un citoyen américain, d’origine française, plus exactement natif de ce coin de l’Aude, un certain Jean-Louis Génibrel, résidant à Long Beach (ce qui explique peut-être comment il est entré en contact avec la John Merril Foundation), aurait affirmé devant notaire que son arrière-grand-oncle avait jadis aidé l’abbé Saunière à enfouir « sous la pierre de coin de la Tour Magdala, en Sion (terme ésotérique : c’est-à-dire sous l’angle nord-ouest) une boîte et d’autres objets qui étaient de la haute importance pour l’histoire du christianisme ».

   Bigodet ayant pris quelques jours de vacances, c’est Frog en personne, le bras droit de notre directeur général, qui décida que je repartais à Rennes-le-Château pour y compléter mon enquête. Sur place, je découvre que l’équipe scientifique américaine en question est en fait composée de trois docteurs en théologie, travaillant pour le compte d’une société de communication italienne, basée à Milan, la Robadoba, laquelle remplit régulièrement des missions pour le Vatican. Au cours d’un déjeuner un peu trop arrosé, par les soins de mon ami le maire (un amateur de jolies femmes et de bonnes bouteilles), le Dr. Tosio, une italienne pleine de tempérament, me confie à l’écart de ses deux collègues : « nous sommes ici pour récupérer tout document compromettant que nous pourrions trouver»… Compromettant pour qui ? A tort ou à raison, je livrais cette information à mon journal.
Quel type de document compromettant, le Vatican aurait-il eu tout intérêt à faire disparaître par les soins de cette équipe italo-américaine ? C’est la question que m’ont posée immédiatement des lecteurs de mon article. Quelques jours plus tard, un appel téléphonique (décidément, il y a beaucoup de mystères et d’appels téléphoniques d’inconnus dans cette histoire) m’ouvrait une piste nouvelle. Mon correspondant, qui se présentait comme faisant partie du CRRC (le Centre de Recherches sur Rennes-le-Château), me communiquait sous couvert de l’anonymat les informations suivantes :
Un groupe de membres haut placés du clergé aurait été au courant de l’existence d’un secret qui déstabiliserait l’Église. Saunière l’aurait découvert dans les papiers qui avaient été confiés à son prédécesseur, l’abbé Antoine Bigou, par la comtesse de Blanchefort. C’est pour cette raison, qu’on aurait acheté son silence. Ce secret, en gros, pour résumer les éléments que mon interlocuteur m’exposait sans précautions, en me menaçant de connaître le même sort que l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo (lequel aurait été au courant) ou le président John Kennedy (qui savait aussi) à Dallas, en moins spectaculaire toutefois : ce serait la présence, dans les environs de Rennes-le-Château, d’un sanctuaire bâti aux premiers temps de notre ère sur le modèle du Temple de Jérusalem, où seraient conservées des preuves qui remettraient en question la mort du Christ sur le mont Golgotha. Je cite mon correspondant :
« Ce lieu, connu et vénéré par les Cathares, nous savons comment nous y rendre et nous sommes prêts (les membres du mystérieux Centre de Recherches sur Rennes-le-Château), à vous y conduire, si vous acceptez de collaborer avec nous. Il vous apportera la preuve que Jésus n’est pas mort sur la croix, mais qu’il faisait partie de la suite du roi Hérode lorsqu’il s’arrêta à Rennes, sur la route de l’exil qui devait le conduire en Espagne ». Pour information, en ce début d’été 2001, le roman Da Vinci Code n’avait pas encore été publié. Il ne devait paraître que deux ans plus tard.

    Le dernier point, dans les déclarations farfelues de mon correspondant, peut à la rigueur se défendre. Situé sur la Via Domitia, qu’on a appelé « la Narbonnaise » parce qu’elle reliait cette province gallo-romaine à Rome, l’antique Rhedae (nom latin de Rennes) était une étape importante et Hérode Antipas, qui a pu l’emprunter en se rendant vers le lieu d’exil que lui assignait César, a pu aussi s’arrêter en cet endroit. L’exil d’Hérode et la route qu’il a empruntée sont des faits historiquement prouvés. La tradition chrétienne affirmant pour sa part que Marie-la-Pécheresse faisait partie de sa suite, et la faisant mourir en Provence, à Saint-Maximin, où son tombeau donna lieu à la fondation d’un monastère et une basilique, dans laquelle était conservée autrefois la Sainte-Huile dont on se servait pour oindre les rois de France, au moment de leur sacre à Reims.
Pour la présence d’un certain Jésus dans cette suite royale qui se rendait en Espagne, la preuve est plus difficile à établir. Je glisse sur le sanctuaire construit sur le plan du Temple de Salomon à Jérusalem, dont il n’existe à ce jour aucun vestige dans la région ; si ce n’est un tombeau d’origine antique (les Romains enterraient leurs morts illustres le long des voies très fréquentées de l’empire) qui aurait été visible jusqu’à la fin du XIXe siècle, avant qu’on ne l’ait mystérieusement fait disparaître. Il en existerait même une photographie. D’après une tradition ésotérique qui trouve encore des défenseurs dans la région (mon interlocuteur en est l’exemple!), ce monument aurait servi de modèle au peintre Nicolas Poussin, dans son tableau Les Bergers d’Arcadie. Qui était enseveli sous ce bloc de pierre portant gravée la célèbre formule eschatologique Et in Arcadia ego (car je suis en Arcadie) ? Laquelle inscription, comme tout ce tableau en général, est une énigme pour les historiens d’art, une sorte de rébus (depuis sa composition jusqu’aux aux éléments qu’il montre) qu’ils n’ont pas encore réussi à percer.

    Une thèse relativement récente, avancée par un groupe qui voudrait voir réhabiliter le personnage de Judas, propose une autre piste qui mènerait, elle aussi, à Rennes-le-Château. Elle prend pour appui le texte d’un évangile découvert au milieu des manuscrits de la bibliothèque gnostique de Nag Hammadi (ces mêmes manuscrits sur lesquels la Fondation John Merril aurait travaillé), pour avancer que le disciple qui aurait vendu Jésus serait l’apôtre Thomas. Or, ce dernier n’apparaît dans l’Évangile de Saint-Jean qu’après la crucifixion, en remplacement de Judas (qui s’est pendu pour expier sa trahison, comme le veut la tradition), comme pour « sauver » le nombre de douze apôtres, après la défection de l’un d’entre eux. Le rédacteur de l’évangile apocryphe de Nag Hammadi va même plus loin, en désignant cet apôtre de la dernière heure sous le double nom de Judas Thomas ou Judas Thomas Didyme (c’est-à-dire le jumeau). De qui, ce personnage aurait-il été le double ?

Le mystérieux représentant, du non moins mystérieux Centre de Recherches sur Rennes-le-Château, que j’avais au bout du fil, m’affirme que l’abbé Saunière connaissait l’identité de ce personnage ; et qu’il aurait montré qu’il savait le secret, en semant de pistes son domaine. Et, comme sous l’effet d’un appel d’air dans un siphon, tout se précipite dans la faille « Rennes-le-Château » : le Judas qui n’aurait pas trahi, le Christ qui ne meurt pas sur la croix mais poursuit son chemin en compagnie de Marie-la-Pécheresse (on ne nous dit pas s’ils se marièrent et vécurent dans la région entourés d’une nombreuse progéniture), le mystère des Templiers, la découverte de l’Amérique, la Révolution Française, la Guerre de 14-18, l’assassinat de Kennedy, la destruction des Twin Towers dans l’une desquelles la Fondation John Merril avait ses bureaux (je ne l’invente pas !)… Selon le principe des taches de Rorschach où chacun y voit ce qu’il veut voir !

    Si l’on voulait chercher un élément synthétique dans ce magma, on le trouverait dans le site. Depuis des temps immémoriaux, Rennes-le-Château est un lieu d’histoire. Comme il est écrit sur le portail d’entrée de l’église : Terribilis est locus iste. Ce qui ne veut pas dire qu’on se trouve devant un lieu terrible, mais respectable, vénérable… Le mot latin Terribilis est à prendre dans ce sens (Voir dictionnaire Gaffiot). Des clichés aériens ont révélé de nombreuses traces d’habitations très anciennes sur le plateau et tout autour du village, probablement sous ses maisons aussi. Le petit musée d’archéologie, sans doute commencé avec les découvertes que l’abbé Saunière ramenait de ses fouilles, expose de nombreux fragments de céramiques datant du Ve siècle avant notre ère, essentiellement des pièces d’origine grecques… Ce qui parle pour l’existence ici d’un centre urbain très actif. Des monnaies gauloises et celtes, découvertes également en grande quantité, témoignent de la présence d’un site plus ancien que Bibracte, et qui servit de base à une garnison romaine ; si l’on en croit l’extension des murs de l’oppidum autour de l’éperon rocheux de Rennes-le-Château. L’endroit devait être un avant-poste important du monde romain, un lieu d’échange d’hommes, de bêtes (des bestiaux, mais aussi des chevaux ramenés de Bétique, qu’on rassemblait-là en troupeaux), d’outils, d’armes, mais aussi de connaissances. L’histoire du trésor de l’abbé Saunière est-elle l’écho de tout cela ? Ce serait pousser très loin la théorie d’une mémoire collective, puisqu’il s’agirait, en l’occurrence, des lieux qui se rappelleraient à nous indirectement. Comme je vous le disais : on ne trouve qu’absurdités dans cette affaire!

    Je signale pour finir que les recherches échographiques pratiquées durant l’été 2001 par les membres de la Fondation John Merril, ont montré la présence d’une cavité à deux mètres de profondeur. On a pensé d’abord qu’il s’agissait d’un escalier conduisant à une ancienne crypte. Des fouilles, entreprises depuis, n’ont rien donné. En ce qui concerne le coffret enterré en Sion sous la Tour Magdala, par l’arrière-grand-oncle de Monsieur Génibrel, de Long Beach : l’échographie, toujours, a détecté, à quatre mètres de profondeur, sous la pierre d’angle nord-ouest, un coffret métallique d’environ 90 cm sur 103. La DRAC n’ayant pas accordé l’autorisation de creuser, on ne savait pas, jusqu’à peu, ce qu’il contenait sinon, par le moyen des rayons gamma, qu’il n’y avait pas de métal à l’intérieur. Aujourd’hui, on sait qu’il s’agit d’actes notariés concernant la famille de Blanchefort, probablement ceux que la comtesse avait confiés à l’abbé Bigou, en 1793. Ni trésor, ni documents extraordinaires… Le Mystère de l’abbé Saunière n’a toujours pas été élucidé.

Une réflexion au sujet de « Le Mystère de Rennes-le-Château »

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