Le roman de Paul Follot (La suite 12)

@Photo Nicolas Donetti

Chapitre 12

L’hôtel particulier du n°5, rue Schoelcher

    Les Follot ont emménagé trop tôt dans leur nouvelle maison. Les plâtres n’étaient pas encore secs et l’humidité a causé des dégâts importants dans le mobilier ; elle a terni les miroirs et les cuivres, fendu ou gondolé des placages, décollé des pieds de meubles… Grande partie de l’intérieur a dû retourner chez l’ébéniste ou le vernisseur.
Aussi, à douze jours de la date prévue pour l’inauguration, Paul est encore en train de presser les artisans chargés de les remettre en état : telle table a été revernie en cinq minutes et sa surface s’avère encore rugueuse au toucher ; la pendulette à potence, en placage d’acajou blond, a un aspect ridé ; l’un des plateaux du petit guéridon ovale, en loupe de frêne, est boursouflé. Tout cela a été trop vite fini ! Les roses, sur les tissus des sièges et des tentures font moins bon effet que sur le coupon que Cornille & Frères avait fourni : «En l’observant à la loupe, écrit-il au directeur de la maison de tissus d’ameublement : on voit bien que le fil rouge a été doublé sur l’échantillon, alors qu’il est simple dans le métrage tissé que vous m’avez livré ». Ce qui fait que le motif ne se découpe pas assez net sur le fond beige… Et le tapissier qui attend pour recouvrir les sièges ! Et l’ébéniste, qui ne peut pas venir demain, comme c’était prévu ! Et l’ouvrier qui arrive sans prévenir, pour poser la glace du salon, juste le jour où Mme Follot reçoit! Et qui ne comprend pas qu’on refuse de le laisser entrer dans la pièce en question, avec ses godillots crottés !

    Enfin, en juin, il peut officiellement annoncer l’inauguration P1000687de son hôtel particulier. Tout un mois de réceptions et de visites : d’abord pour quelques clients triés sur le volet ; puis les clients ordinaires, les personnalités du monde des arts et du spectacle, les pontes des jurys d’exposition ; enfin les amis et les autres, les membres de sa famille et en particulier Charles, son frère, qui a fabriqué dans son usine, sur ses croquis, les papiers peints velours bleu sombre à rayures d’argent et mauve à raies vertes, des chambres. Enfin il ne faut pas négliger les fournisseurs, une centaine au moins : artisans, chefs d’entreprises du Faubourg Saint-Antoine, directeurs de grandes maisons de tissage… La porte bleue sur la rue Schoelcher n’arrête pas de s’ouvrir pour accueillir tout ce beau monde qui veut Salon musique couleurdécouvrir dans sa primeur l’intérieur conçu par Follot. Le dinandier suisse, Jean Dunand, a prêté quelques vases, coupes et plats en cuivre repoussé au marteau, patinés et délicatement soulignés d’or, qu’on a exposés dans les vitrines du rez-de-chaussée. Pour recevoir le Tout-Paris comme il se doit, Paul et Elfriede ont ouvert un compte chez Géo Rouard, y laissant pour une fortune de porcelaines, cristallerie, coupes et seaux à champagne, lingerie de table. Il a fallu équiper luxueusement les salles de bains, de linge fin et de senteurs achetées chez les meilleurs parfumeurs, Guerlain ou Lenthéric… Vins et alcools des meilleurs traiteurs, glaces et petits-fours de Chez Rebattet (12, rue du Fg. Saint-Honoré) ou de la Maison Bruschera (10, rue Daunou), pichets de cristal taillé pour le café glacé de la Dame Blanche… Les dépenses ont largement dépassé leurs prévisions, comme l’atteste le livre des comptes tenus par Elfriede pour le premier semestre de 1914.Salon couleur 1

     En général, les invités ont été conquis par la décoration intérieure. La maison est, si l’on en croit certains, un «manifeste du goût nouveau» en matière d’esthétique. On insiste particulièrement sur le sérieux et la grande variété des formules architecturales et décoratives proposées. Deux petits tableaux de fleurs, par Georges D’Espagnat, ont été accrochés dans l’escalier, du meilleur effet en passant. Dans l’euphorie, Paul pense que les plus grands espoirs lui sont désormais permis et qu’il va pouvoir se dégager des projets commerciaux en cours, comme la collaboration avec la maison anglaise Wedgwood, ou celle qu’il envisageait avec Marc Lévy et la Manufacture de Saint-Etienne, pour se consacrer exclusivement à ses activités d’architecte-décorateur (PF à Lévy – 3 juillet 1914).

    Tout le monde a reconnu que la maison répondait bien aux quatre fonctions que son propriétaire avait clairement définies dans le cahier des charges, à savoir : un atelier de travail, une galerie d’exposition, une habitation bourgeoise et un immeuble de rapport. Nous ne nous sommes pas étendus sur ce dernier point, mais il y avait deux studios sous les toits, parfaitement indépendants, que Paul avait prévus pour ses enfants et qui, en attendant qu’ils soient grands, pouvaient être loués. L’ensemble, distribué en trois zones bien cloisonnées : le rez-de-chaussée pour la galerie et l’atelier, le premier étage pour l’habitation privée, enfin le second et troisième pour l’espace locatif. L’exiguïté du terrain constructible, avait obligé l’architecte a développer son plan en hauteur, ce qui a diminué d’autant la surface destinée au rapport et la source de lumière, la courette intérieure, que Follot fera modifier à deux reprises pour agrandir les sanitaires.

    Si nous pouvions, à notre tour, hasarder un œil dans cette maison, elle se présentait ainsi :Porte E.Brandt
Au n°5 de la rue Schoelcher, surplombant le cimetière Montparnasse, une façade blanche, aux lignes harmonieuses, un peu « cubisantes », rythmée de motifs de fleurs sculptés, surmontant un rez-de-chaussée en carreaux de céramique de Bigot, ocre clair et bleu foncé, soulignés en pointillés de mosaïque or. Ses baies vitrées sont ouvertes sur le ciel, avec des balustrades peintes en bleu, comme dans une maison de poupées.
Lorsqu’on a franchi la porte bleue entourée d’une mosaïque dessinant une vannerie blanche, noire et or, on est sur un palier, aux dimensions modestes, donnant, à droite, sur une porte vitrée, flanquée de colonnes et ornée d’un arbre en fer forgé . un « Arbre de Vie » réalisé par le ferronnier Edgar Brandt, sur un dessin de Paul Follot. Elle ouvre sur un vestibule, une pièce simple et nette, toute en lignes verticales, rythmée par des vitrines murales dans lesquelles sont exposées des pièces de céramique : théières, cafetières, pots à lait, assiettes, légumiers… en porcelaine et en faïence de Wedgwood. Vestibule céramiques 1Au fond, une grande statue de Joseph Bernard « Jeune fille à sa toilette », épreuve en plâtre d’une œuvre originale. Un bas-relief du même sculpteur, doré et bruni, a été moulé également chez Lasnon, le mouleur-statuaire de l’avenue Villemain (XIVe arrdt.). Cette pièce, toute en longueur, sert à accueillir les visiteurs, lorsqu’ils ont un rendez-vous ou que la galerie d’exposition est ouverte, deux fois par semaine. Un petit escalier de trois marches, recouvert d’un épais tapis-moquette à motif de feuillages stylisé dans le goût nouveau, s’achève de plain-pied avec cette dernière.
Ce sont deux pièces successives, faisant office de salon et de salle à manger. Le salon est lambrissé de bois précieux, clair, incrusté d’un fin entrefilet de marqueterie d’ébène, de motifs de nacre et de bronze doré. Son plafond est bordé d’une moulure figurant des feuilles d’acanthe, mêlant les tons d’or et l’albâtre. Les éclairages sont des verreries délicates ou des campanules pendant du plafond. lustre vestibuleOn a caché les ampoules sous des disques de verre bleu opalin, percés d’un orifice central et sertis de plomb. Sur les côtés, des appliques en bronze doré sous un large parasol de soie plissée. Au centre, un imposant piano à queue, de la maison Pleyel, dans son somptueux manteau d’érable et de bois de citronnier sculpté de grosses roses et de feuillages, dont les tiges nerveuses rythment les proportions. Un canapé et des fauteuils tendus d’un lampas de soie violet, un petit secrétaire, un chiffonnier, forment autour de l’instrument de musique un ensemble à la fois confortable et luxueux.
La pièce suivante est une salle à manger, en lambris également de bois précieux, disposé autour d’une table massive à piètement central cannelé. Un buffet à vitrine, long et sombre, tout garni de verreries et de pièces d’argenterie, de porcelaines, sur lequel l’artiste a jeté deux paniers chargés de fruits et des guirlandes fleuries.Salon de musique 2 Thèmes qu’on retrouve sur les vitraux des dormants des fenêtres et les dessus de portes, qui représentant deux Amours renversant des paniers, et aussi sur la partie renflée du lustre de forme octogonale. Garni de huit panneaux colorés en verre américain, terminés par de gros cabochons aux angles, il diffuse une lumière chaude sur le plafond peint d’un rechampi camaïeu. Entre les deux fenêtres donnant sur la rue, une desserte un peu chinoise, laquée rouge mandarin et or.

    211 Atelier Rue Schoelcher1Revenons au vestibule des céramiques. Pour ceux qui voudraient passer une commande ou voir comment travaille le décorateur, un petit couloir, sur la droite, conduit à un bureau-atelier, éclairé du plafond par la lumière naturelle, tamisée par un vélum mobile. Paul Follot a repris ici à son compte l’idée du hall de la Maison Ouvrière, qui l’avait tant séduit à l’Exposition de l’Habitation, au Grand Palais, en 1903. Comme dans le modèle original, par Plumet et Selmersheim, un escalier en bois laqué blanc permet d’accéder à un second espace de travail (pour un assistant ou un collaborateur), plus modeste de dimensions, et qui donne sur la pièce centrale par trois ouvertures vitrées en surplomb.

    Pour accéder à la partie privée, les visiteurs doivent emprunter un petit escalier, sur le palier d’entrée, qui les conduits, au premier étage, jusqu’à un vestibule, qui est un peu la réplique de celui du rez-de-chaussée, sur lequel ouvrent les portes des pièces réservées à la famille : deux chambres, donnant sur la rue Schoelcher, dont l’aménagement laisse penser qu’elles peuvent toujours être montrées au public – lits vastes en bois précieux ornés de motifs de roses sculptées, meubles généreux de formes, cheminées décorées de carreaux de céramique aux teintes chaudes. L’éclairage, toujours indirect, comme l’aime Follot. Un mur, occupé par une vaste bibliothèque avec une niche centrale qui abrite un divan… et partout, des coussins, des soies brochées, des lampas à franges et cordelières. Face à la baie vitrée, une banquette dont la forme un peu sèche rappelle le style « munichois ».
Salle à mangerEntre les portes des chambres, un autre petit escalier, à la rampe annoncée par un marabout en palissandre sculpté, de Laurent Malclès, mène à la pièce de Madame Follot. Elle est tendue d’une soie plissée bleu à nuance gris-argent. Elfriede aime le bleu ! Elle a adopté cette couleur dans ses tailleurs, ses robes d’intérieur, sa chambre. Cette dernière est éclairée par une sorte d’urne en pâte de verre, qui répand une lumière douce. Un lit en palissandre avec des coins plaqués d’amboine, un meuble en harmonie parfaite, avec ses tonalités chaudes soulignées par une marqueterie de nacre et d’étain, dessinant une vague d’écume en buis, citronnier, ébène et bois de houx. Un chiffonnier à trois corps, dont la partie supérieure s’enroule en crosses, autour d’un médaillon central reprenant, dans les mêmes essences de bois, le motif de la vague avec une figure de Vénus sortant de l’onde.

    Enfin, toute une phraséologie décorative est développée ici, qui peut sembler bien vieillotte à certains, surannée c’est certain ! mais tellement sophistiquée, tellement luxueuse et tellement intéressante, par les formules qu’elle proposait pour sortir de la répétition stérile des styles du passé, surtout si l’on pense à ce qui allait venir : aux créations du Bauhaus, à la paroi en dalles de verre, à l’habitat selon Le Corbusier… et que ce dernier a su bien définir, dans son manifeste L’Art décoratif d’aujourd’hui, comme : « La dernière ligne de repli que l’on ait enregistrée est cette dévotion aux belles matières qui conduit à un véritable byzantinisme. L’ultime retranchement du faste est dans les marbres polis aux veinures inquiétantes, dans les placages de bois rares qui nous stupéfient autant que des colibris, dans les pâtes de verre, les laques qui ont pris aux mandarins leurs excès… »

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L’inauguration de l’hôtel particulier de la rue Schoelcher, en juin 1914, fait date dans l’histoire de l’art décoratif français pour d’autres raisons que d’être un ensemble réalisé par le même créateur, du buffet au bouton de porte, ou une maison privée qui soit en même temps un atelier de travail, ou encore une démonstration du principe de l’Art dans Tout. La maison « manifeste d’un principe esthétique » n’est pas une nouveauté pour l’époque. Par contre, elle a été rarement pensée comme un espace de vente, une sorte d’appartement témoin (on dirait aujourd’hui un show-room) où tout ce qui est exposé servirait de modèle pour guider le choix du client, et serait donc organisé pour être adapté ou reproduit- meubles, tapis, tissus, objets… Tout en restant un cadre de vie pour une famille. Ajoutons à cela, qu’il s’agit du témoignage d’une période relativement brève de l’art décoratif français, qui s’étend, en gros, sur une décennie, d’avant la Grande Guerre au début des années 20, avant que l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs et Industriels Modernes n’apporte en 1925 de nouvelles propositions. C’est un peu comme si l’on avait-là, indépendamment des styles, une maison avec son mobilier et son cadre intérieur, d’une parfaite cohérence, conçus durant les courtes périodes de la Régence ou du Directoire.

    80d38612460ce4a41df01babe3c1917aDans le train qui le conduit vers les lignes de combat, Paul doit songer, non sans tristesse, qu’il s’est endetté jusqu’au cou pour construire et aménager cette maison qu’il laisse derrière lui. Il disposait à la mort de son père, en 1909, d’une somme de 100.000 Frs qui lui semblait suffisante alors, pour se lancer dans ce projet. Elle n’aura été qu’un feu de paille ! Il a dû emprunter l’équivalent au Crédit Foncier (sur hypothèque de la maison), engager en grande partie ses gains et toutes ses économies… Et cela n’a pas suffit ! Il a dû demander de l’argent à sa mère, à son frère, à son client, le banquier Edmond Meunier. Mais cela n’a toujours pas été suffisant… Au moment de la déclaration de guerre, l’hôtel particulier de la rue Schoelcher n’est pas terminé et il a déjà coûté, décoration non comprise, plus de 250.000 Frs. Il a dû grever son hypothèque d’un nouvel emprunt de 90.000 Frs auprès du Crédit Foncier et il s’apprête à en redemander 80.000, toujours à 5% remboursables en vingt ans, pour couvrir les frais de décoration. Enfin, il a dû se résigner à prendre des locataires dans les studios des 2e et 3e étages, pour un loyer annuel de 7.800 Frs, chacun. Ce sera d’abord l’institution de la Croix Rouge américaine, pour y loger ses employés ; et puis d’autres viendront, puisque les finances des Follot n’ont jamais pu s’en passer… Dans son train, il entend encore l’avertissement prophétique de son ami, l’architecte Lucet, le premier architecte pressenti pour bâtir sa maison : « Tant qu’il s’agit de dépenser pour te loger, toi et les tiens, et tirer parti en louant le reste de ta maison. Soit ! Mais risquer tout ton capital et ton avenir dans un projet dont tu n’évalues pas le coût. C’est de la folie ! ». Une folie… Commode ds salonEt pourtant, les fournisseurs n’en ont pas moins continué à travailler pour lui, malgré ses exigences terribles et ses lenteurs à les payer ! Edgar Brandt lui a accordé un long crédit pour sa porte à « l’Arbre de Vie » (il est vrai qu’il a fallu au ferronnier beaucoup plus de temps et de travail pour réaliser le dessin de Paul, et qu’il a largement dépassé la somme de 400 Frs. prévue au départ) ; le verrier d’art Champigneulles (qui a fabriqué toutes les verreries) a accepté d’être réglé avec des traites échelonnées sur six mois. Et cela, bien que la première, de la fin décembre, ait été rejetée par le Comptoir National d’Escompte, pour absence de fonds suffisants.
Tout à ses pensées, dans le train qui l’emmène avec son régiment, Paul ne se doute pas qu’il part pour quatre ans de guerre, durant lesquels il ne gagnera d’autre que sa solde ; qu’il va connaître seize mois d’enfer aux premières lignes, côtoyant la mort tous les jours ; et que c’est un miracle s’il en revient entier ! Du Front, il écrira à sa femme : « Je vis au jour le jour comme un animal… »

    Hôtel rue Schoelcher 1912-1913Au fond, l’histoire de cette maison est classique : elle aura coûté à Follot l’équilibre de son couple, empoisonné (indépendamment de ses infidélités) par les soucis matériels, ainsi que le travail de toute une vie pour la construire, la financer et la garder pour ses enfants. Ces derniers s’en seront très vite détachés comme d’un lourd fardeau, un témoignage d’une autre époque, d’un autre mode de vie qui ne répondait pas aux aspirations de leur jeunesse… Erwin est devenu un acteur connu, toujours en voyage ou dans sa maison de Saint-Tropez. Sylvie a préféré sa liberté à l’existence contraignante de ses parents. Paul est mort seul, loin de son rêve fou, de ses beaux meubles, de ses cordelières et de ses belles tentures. Il n’y a que les locataires qui soient restés… jusqu’à aujourd’hui !

La suite le 4 octobre : Un premier inventaire…

5 réflexions au sujet de « Le roman de Paul Follot (La suite 12) »

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